Géopolitique

Indépendance de la Nouvelle-Calédonie ?

Le référendum néo-calédonien, qui s’est conclu par un non à l’Indépendance, à moins de 60% des votants, donne une actualité nouvelle à un débat apparu au moment de la guerre d’Algérie. La seule forme de décolonisation possible est -elle l’indépendance ? En 1956, une partie de la gauche - approximativement la majorité de la SFIO - soutenait que la décolonisation c’était la liberté et l’égalité accordée à tous, le respect des droits de l’homme et le développement économique. L’Etat indépendant, pas nécessairement respectueux des libertés et des droits des minorités, pouvait être escamoté ou au

Mieux comprendre la Chine pour mieux dialoguer

Claude Meyer articule son analyse* de la montée en puissance de la Chine en trois points : quelles ambitions ? Comment la Chine fonctionne-t-elle ? Quel type de dialogue peut-on avoir avec elle ? La Chine a une ambition planétaire. Le premier palier sera la prééminence économique, acquise dès 2030, grâce à l’effet de masse de sa population active (5 fois celle des Etats-Unis) et ses efforts dans la technologie (2,5% de son PIB, entre l’UE 2,2% et le Japon 3,3%) pour lesquels on peut citer les programmes « Made in China » et « Intelligence artificielle » (doté de 80 Md$). La Chine ne rachète

2018 : le crépuscule du G7 ?

Le centre de gravité du monde s'est déplacé. Il n'est plus à New York, il est à Shangaï. Retour sur l'état du monde en 2018. Le G7 s'est tenu au Canada et il a montré le désaccord profond de ses membres sur des questions centrales comme le climat, le protectionnisme et la prolifération nucléaire. Trump, seul contre tous, a sans doute signé la fin de l'hégémonie des USA. De l'autre coté du monde, en Chine, se tenait le sommet de l’OCS. Vous avez dit OCS ? C'est quoi ? C'est l'Organisation de Coopération de Shanghaï. L'OCS regroupe aujourd'hui des Etats qui, à tous points de vue, pèsent ou

Trump, l'Iran, l'Europe : la révolte des agneaux?

Notre ami François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France à Téhéran, a fait paraître cet article dans l'Orient-le Jour. La décision de Donald Trump de sortir son pays de l’accord nucléaire avec l’Iran est tombée avec une brutalité qui a pris les Européens de court. Certes, depuis quelques jours, il ne se faisaient plus guère d’illusions. Mais ils espéraient encore un délai de grâce qui leur permettrait d’obtenir quelques gestes de l’Iran, ou des sanctions allégées en remerciement de leurs efforts : « encore une minute, Monsieur le bourreau » … Mais le couperet est tombé. Les sanctions

Vers la fin de l'hégémonie du dollar ?

Trump a provoqué un séisme mondial en quittant l'accord sur le nucléaire iranien. D'abord en ranimant une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient. Mais surtout en ruinant soixante quatorze ans de confiance mondiale dans la monnaie dollar. En 1944, à Bretton Woods, les Américains, grands vainqueurs annoncés de la seconde guerre mondiale, font accepter par le monde entier la suprématie monétaire du dollar. Les grands échanges mondiaux, dont le pétrole, seront libellés en dollars. Le prix du pétrole est fixé en dollars. Le système bancaire mondial est dominé par les USA. En complément aux

Le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien pourrait être une bonne nouvelle !

Le retrait des États-Unis d’un accord durement négocié et, au dire des observateurs les plus avisés, respecté par la partie iranienne pourrait être l’occasion de relancer le multilatéralisme. Qu’Européens, Russes et Chinois proclament leur volonté de maintenir cet accord et il perdurera. Quel est le frein ? La crainte qu’ont nos entreprises de s’engager en Iran et la terreur de notre système bancaire de financer les opérations commerciales avec ce pays par crainte des représailles états-uniennes. Que l’Union européenne, la Chine et la Russie annoncent d’un front uni qu’elles s’opposeront à

Macron frappe fort sur la Syrie

Syrie : l'entrée fracassante d'Emmanuel Macron dans le club des grands acteurs. La nouvelle des frappes contre l'arsenal chimique de Bachar n'a pas eu l'effet d'une bombe, mais a la consistance d'une très bonne nouvelle. En effet apparaît enfin quelqu'un qui va pouvoir raisonner et faire plier Bachar dans une négociation, et c'est Emmanuel Macron. Pour plusieurs raisons. Il y a d'abord la démonstration des Armées Françaises : elles ont frappé ce qu'elles avaient décidé de frapper, elles auraient pu aussi bien tuer Bachar. La défense des Syriens a été nulle, et les Russes se sont bien gardés de

Quelle(s) puissance(s) dans un monde semi-chaotique ?

Au cours d’une Matinale du Club des Vigilants Hubert Védrine a livré sa vision, réaliste, du système international et des tensions qui le traversent. Le compte à rebours climatique, la démographie et la révolution numérique sont les principaux facteurs de changement. La géopolitique, c’est-à-dire la capacité des acteurs internationaux à diriger les événements, subit leur influence. Ces facteurs modifieront les hiérarchies existantes, la compétitivité écologique deviendra un facteur important de la puissance. Il n’y a pas de communauté internationale. Nous sommes dans un monde instable, pas

Corée du Nord : le moment de changer de logiciel ?

La Corée du Nord vient de tirer son nième missile balistique, aussitôt suivi des nièmes condamnations unanimes des grandes puissances. Auxquelles il convient désormais d'ajouter les tweets de (vagues) menaces auxquels le Président Trump nous a habitués. L'ONU vient de renforcer les sanctions économiques contre le pays. Quelles chances ont-elles de faire plier les dirigeants nord-coréens ? Car, soumis depuis des décennies à un embargo sur les armes et à un arsenal impressionnant de sanctions économiques et financières, le pays résiste, multiplie les provocations (« rayer les Etats-Unis de la

Trump et le déclin du leadership américain : l’Europe est-elle en ordre de bataille ?

Que nous réserve le nouveau Président Donald Trump, fraîchement élu, dont les provocations et les rodomontades ont régulièrement défrayé la chronique et continuent d’alimenter les conjectures ? Son arrivée, dans un contexte général d’affaiblissement du leadership américain (le récent accord sur la Syrie dont les USA sont les grands absents l’atteste), met l’Union Européenne devant ses responsabilités. Donald Trump a estimé que l’OTAN était une organisation « obsolète » (on ne peut pas lui donner entièrement tort sur ce point) et s’est plaint que ses alliés ne contribuaient pas suffisamment à