Chine

Doit-on avoir peur de la Chine ?

Jean-Luc Buchalet [1], fin connaisseur de la Chine (sa femme est chinoise de Shanghai et lui-même y a séjourné), apporte un témoignage extrêmement fort et inquiétant sur ce pays. S’il a choisi la forme romanesque dans son dernier opus, « Équation chinoise » (publié chez Plume Libre), c’est afin de traduire librement sa pensée en mettant en scène des personnages très variés, lui permettant d’illustrer les différentes facettes de la Chine actuelle et des mentalités de ses habitants ainsi que la variété de leurs points de vue. Sont convoqués dans cette épopée des acteurs majeurs de la Chine comme

Changement de point de vue

Aujourd’hui l’Occident fait face à une compétition globale. La Chine, « l’autre face de l’expérience humaine » disait Malraux, veut imposer davantage sa vision du monde. La représentation cartographique qu’elle donne de la Terre où, in fine, se joue la compétition révèle beaucoup de son logiciel géopolitique et de ses arrière-pensées. Par ricochet, en décentrant notre regard, elle nous donne l’occasion de réfléchir à notre propre situation dans un monde en proie à de profondes transformations. Toute projection d’une sphère sur un plan provoque des déformations. Le passage de trois à deux

Chine – Etats-Unis, quel scénario ?

Les formes de la guerre changent avec les époques et leur technologie mais sa nature intime, telle que décrite par Carl von Clausewitz, demeure : toute épreuve de force est en même temps une épreuve de volonté. Quelle que soit sa forme : guerre asymétrique, guerre de haute intensité, guerre de libération ou jeu d’échec du duel nucléaire, la guerre a pour vainqueur celui qui trouve la combinaison gagnante entre le peuple, le politique et le chef de guerre. Depuis deux siècles son analyse ne s’est pas démentie, peu trouvent et encore moins conservent la trinité qui soutient la victoire. Pour

Le monde après le Covid : celui d’avant en pire ? Pas si simple répond l’économiste Jean-Paul Betbèze

Dans son dernier livre : États-Unis, Chine, Europe, quelle remondialisation ? Jean-Paul Betbèze se livre à une comparaison passionnante entre le monde tels qu’on l’anticipait avant la Covid 19 et le monde tel qu’on l’anticipe après la pandémie. Il y a naturellement des ressemblances entre les deux perspectives, mais le rythme et l’intensité des évolution se trouvent profondément affectés. Et ceci nous concerne tous. Comment voyait-on le monde avant la pandémie ? Avant tout, dominé par la rivalité ouverte entre la Chine et les États-Unis , entraînant une recomposition profonde des alliances

Mieux comprendre la Chine pour mieux dialoguer

Claude Meyer articule son analyse* de la montée en puissance de la Chine en trois points : quelles ambitions ? Comment la Chine fonctionne-t-elle ? Quel type de dialogue peut-on avoir avec elle ? La Chine a une ambition planétaire. Le premier palier sera la prééminence économique, acquise dès 2030, grâce à l’effet de masse de sa population active (5 fois celle des Etats-Unis) et ses efforts dans la technologie (2,5% de son PIB, entre l’UE 2,2% et le Japon 3,3%) pour lesquels on peut citer les programmes « Made in China » et « Intelligence artificielle » (doté de 80 Md$). La Chine ne rachète

Le modèle chinois, précurseur de la société du futur ?

Un certain nombre de Français sont choqués d'apprendre que la Chine met en place un système de "crédit social". Chaque citoyen dispose d'un capital initial de points qui peut s'éroder ou augmenter suivant le comportement constaté de l'individu dans la société. En France, nous avons le blocage de la carte bancaire si les dépenses excèdent la provision disponible et le retrait de points du permis de conduire en cas d'infractions au code de la route. Au fond, le système est un peu le même, mais il a pour conséquence d'irriter fortement les Français. Et puis on s'y fait... Et les plus

Sanctions américaines : prenons exemple sur la Chine !

Les entreprises françaises se retirent piteusement d’Iran où elles commençaient à réinvestir. Aucune ne veut braver l’ire de l’administration américaine et risquer des sanctions sous forme d’amende ou de bannissement. Les autorités nationales et européennes disent considérer plusieurs options ; elles finissent par avouer qu’elles ne peuvent pas grand-chose. Cruelle illustration d’une Europe bourgeoise et assoupie qui a laissé à d’autres le soin d’être dans l’histoire. Il y a pourtant un moyen d’envoyer un message très clair à Washington : faire évoluer la place du dollar dans les achats de

Croissance économique et inégalité en Chine hier, aujourd’hui, demain

Le professeur Zuo Xuejin, Président de l’Académie des Sciences Sociales de Shanghaï, a expliqué la stratégie de la Chine sur les inégalités dans le cadre du cycle Ethique et Economie organisé par notre ami Bernard Esambert, à l’Institut de France. Il a fait appel à la pensée confucéenne pour expliquer que la politique suivie respecte un principe d’équilibre entre la protection des travailleurs et la flexibilité du marché,. Au cours de la période d’économie planifiée de la Chine, l’égalité était relativement importante, mais au prix d’un revenu faible par habitant (de l’ordre de 275 €). Ensuite

Chine : Renminbi goes global

Le renminbi va faire partie du « panier » constitutif du droit de tirage spécial (DTS), la monnaie de réserve du FMI. Il rejoindra dans moins d’un an quatre autres devises (dollar, euro, sterling, yen) qui toutes remplissent deux conditions : le pays émetteur figure parmi les principaux exportateurs de la planète, sa monnaie est librement utilisable c’est-à-dire qu’elle permet des paiements internationaux et qu’on peut la négocier sur des marchés des changes. Avec cette décision le FMI prend acte des évolutions de la planète économie. Il salue les progrès monétaires de la Chine, en volume et

Chine : dictature éclairée

Ci-après le premier d'une série de trois exemples consacrés à " l'exceptionnalisme". Le 26 décembre prochain, le 120e anniversaire de la naissance de Mao va être célébré en grande pompe par les autorités chinoises. Beaucoup d'étrangers s'en étonnent puisque cet homme a commis d'innombrables horreurs et ruiné ce qui restait de l'économie chinoise d'avant guerre. Ils oublient qu'il a d'abord rétabli la souveraineté du pays et que ce pays avait été humilié par un Occident orgueilleux et cupide. A ce titre, Mao mérite d'être considéré comme le Ier empereur de la dynatie communiste. Sans lui, la