Réseaux sociaux

TikTok : emprise et enjeux pour les sociétés occidentales

Très bonne émission "Affaires étrangères" de France Culture le 23 mars dernier, qui permet de bien saisir l'emprise de TikTok, réseau social hégémonique détenu par une entreprise chinoise. L’enjeu essentiel est l’idée d’autonomie, qu’elle soit collective (à l’échelle d’un pays / d’un groupe) ou individuelle. Celle-ci est de plus en plus menacée, sans que les citoyens en soient conscients. Ils ont l’illusion d’être libres, alors que leurs choix peuvent être orientés par les informations circulant sur les réseaux sociaux. Les échanges mettent en lumière les conséquences sous-jacentes à cette

Profilage et démocratie sont incompatibles

La France aborde deux campagnes électorales capitales, pour les présidentielles et les législatives. On surveillera beaucoup les temps de paroles et les financements. Surveille-t-on assez ce qui se passe sur les réseaux sociaux ? Sur Facebook et ses filiales ? Sur Google ? Le Club des vigilants a décidé de mettre un accent particulier cette année sur les aspects concrets de la démocratie et sur la puissance excessive des GAFAM, les grands groupes d’internet. La question est au croisement de ces deux thèmes. Un scandale un peu ancien, l’affaire Cambridge Analytica qui date de l’élection de

Foule, idées communes et autorité

Jacques Blamont souhaitait intituler l’un de ses derniers livres, consacré à l’intelligence collective à l’heure des réseaux sociaux, Je suis la foule. L’éditeur préféra un plus sage Réseaux ! La qualité de l’ouvrage [1] était intacte mais il me semble que Blamont capturait dans ces quatre mots la force d’une révolution qui, de technologique, est devenue anthropologique et politique. Cette foule-internet a autant de puissance et de force transformatrice que la foule-démocratie portée par l’égalité jadis observée par Tocqueville. Une différence est que l’information y circule immédiatement ; c

Facebook et la haine en ligne

Comment responsabiliser les réseaux sociaux sur la diffusion de haine ou de fausses nouvelles en ligne, sans leur donner un rôle de juge privé et non démocratique ? Tous les gouvernements démocratiques sont pris dans ce dilemme et une piste intéressante vient des Etats-Unis. Le débat y fait rage depuis la décision des réseaux sociaux de « débrancher » Donald Trump, président en exercice mais battu, après l’avoir laissé gazouiller pendant quatre années et ses deux campagnes. Le débranchement de Trump a été direct par Facebook, Twitter et Google, et indirect par Amazon et Apple, qui ont coupé

Débat public, la leçon de Rousseau

Dans la troisième Rêverie du promeneur solitaire Rousseau revient sur l’élaboration de ses idées. Il évoque un assentiment intérieur : il est dans le vrai parce qu’il voit que ses idées sont justes, au sens de la justice et de la logique. De cette façon il soustrait sa réflexion (et sa sensibilité exacerbée) au débat public dont il fustige l’inanité et la méchanceté stérile, un débat où dominent des égos indifférents à la recherche de la vérité. C’est parce qu’il sut préserver sa vérité intérieure de la stérilité ambiante que Rousseau put produire son grand système. On lui doit la révolution

L’apparition du pouvoir incontrôlé de la foule

Beaucoup d’auteurs qui consacrent leurs réflexions aux Gilets jaunes fonctionnent dans le cadre classique de l’histoire et de l’économie traditionnelle : références à Louis XVI, … Certes des invariants dominent l’évolution, tels que les besoins fondamentaux, les pulsions sociales (désir d’enrichissement …) et quelques principes d’organisation politique, mais il y a aussi les facteurs passés sous silence et que je résumerai dans l’affirmation suivante : en 2007 a été introduit l’iPhone dans le public et 2011 a connu le printemps arabe qualifié à juste titre de révolution Facebook. C’est pour

Facebook : va-t-on séparer Docteur Jekyll de Mr Hyde ?

Facebook est-il responsable de ce qui se publie sur son réseau ? C’ est la question à 50 milliards de dollars (le montant de ses recettes publicitaires). Non, répond Facebook depuis toujours : je ne suis pas l’éditeur, chacun est libre de publier, et un contrôle entraverait la liberté d’expression et le Premier amendement. Une position reprise et gravée dans la législation américaine. Certes, cette position semble en train d’évoluer : Marc Zuckerberg vient d’admettre une certaine responsabilité de son réseau devant les élus américains et il a décrit les outils d’intelligence artificielle (et