Citoyenneté

Démocratie et écologie : même combat !

Considérée comme l’une des pionnières de la démocratie participative en France, la philosophe Joëlle Zask 1 propose dans son ouvrage « Ecologie et démocratie » une approche à contre-courant de la pensée commune : face au constat d’une « démocratie en panne » et aux lourdes menaces pesant sur l’environnement, elle définit en effet l’urgence : « comprendre que l’écologie et la démocratie sont sœurs ». Contre ceux qui pensent « qu’il y aurait dans l’écologie quelque chose d’élitiste », ou « qu’il faudrait, pour prendre le tournant écologique à temps, avoir recours à des méthodes autoritaires »

Manifeste « Combat pour une presse libre » : toujours d’actualité ?

Le 14 mars dernier, Edwy Plenel, cofondateur de Mediapart créé en 2008, a cédé sa place de président et de directeur de la publication à Carine Fouteau. Ce changement au sein du site d’information en ligne qui totalise environ 220 000 abonnés est l’occasion de relire le manifeste publié par le journaliste en 2009, intitulé « Combat pour une presse libre » et de s’interroger, quinze ans plus tard, sur la pertinence des questions posées, au regard de l’évolution actuelle du monde des médias. Au-delà de l’expérience journalistique innovante que constitue à l’époque Médiapart, dans un contexte de

Pourquoi les Australiens ont dit « non » à la « Voix » aborigène ?

Il y a quelques jours, les électeurs australiens ont rejeté, par referendum, la proposition qui leur était faite d’inscrire dans la Constitution une « Voix » aborigène. La proposition visait à installer un organe consultatif auprès du parlement et du gouvernement (Voice to Parliament). Ses membres, issus des communautés aborigènes et nommés par elles, auraient porté la voix d’une population qui, si elle jouit de l’égalité civile, reste très défavorisée. L’inscription dans la Constitution visait à protéger l’organe consultatif des aléas de la vie législative mais aussi à procéder à une sorte de

Bruno Piriou : être maire en 2022

La société française bouge beaucoup, le pays est en profonde transformation. Qu’est-ce que son expérience de la politique et du "terrain" enseignent à Bruno Piriou, maire de Corbeil-Essonnes, sur le rôle d'un maire aujourd’hui ? Ce qu’il évoque en premier est le phénomène de déstructuration de la vie politique française. En quelques décennies on a assisté à la quasi disparition des corps intermédiaires classiques (partis politiques, syndicats, associations). Le maire, lui, est toujours là et se retrouve ainsi en quelque sorte en ligne directe avec les habitants. Pour Bruno Piriou ceci fait

Les moutons de la pensée

« Du grec, ô ciel, du grec ! Il sait du grec, ma sœur » s’exclame Philaminte dans les Femmes savantes en évoquant admirativement un pédant que vient de lui présenter un cuistre, Trissotin. Aujourd’hui, la (ou le) Philaminte moderne s’exclamerait : « du woke, ô ciel, il sait du woke ». Le woke est plus facile à apprendre que le grec. De plus, il vous dispense de lire Aristote ou Platon pour briller en société, car le seul fait de le maîtriser vous mue en philosophe apprécié des médias, qui constituent les nouveaux salons. C’est ce qu’explique brillamment Jean Szlamowicz, linguiste et producteur

Les 100 ans d’Edgard Morin : pensée complexe ou pensée collective ?

Parmi le florilège des productions saluant les cent ans du sociologue Edgard Morin, saluons le remarquable documentaire diffusé sur la chaine Arte, Edgar Morin, Journal d’une vie. Il décrit notamment l’intuition d’Edgar Morin, résumée par la formule de la pensée complexe, qu’on ne comprend la complexité du monde qu’en combinant les approches et en mélangeant les expériences, les expertises, les disciplines scientifiques. Il montre un patriarche très tonique, qui se laisse pourtant aller à un instant d'amertume : il a été fêté par les politiques, mais ni compris, ni utilisé. L’auteur, Jean

Pascal Blanchard : l’histoire de la colonisation française, mal digérée, pèse sur notre société

Historien spécialiste de la décolonisation et de l’immigration, auteur de multiples ouvrages, Pascal Blanchard est co-directeur du Groupe de recherche Achac et chercheur associé à l’Université de Lausanne. Le 17 mars dernier, il était l’invité du Club des Vigilants lors d'un webinaire consacré à la question de la représentation des minorités dans la République. Sa vision de ces sujets intéresse en effet tout particulièrement le Club qui, à la suite de ses travaux sur la difficile intégration dans la société française de certains descendants d’immigrants, vient de publier un manifeste, «

Peut-on réellement « conforter les principes républicains » par la loi ?

Dès 2003, Bernard Stasi, président d'une commission chargée par Jacques Chirac de réfléchir et faire des propositions sur l'application du principe de laïcité dans la République, énonçait ce constat : « Les fondements du pacte social sont sapés par un repli communautaire plus subi que voulu au sein de quartiers relégués, par la menace qui pèse sur les libertés individuelles et par le développement de discriminations fondées sur le sexe ou les origines ». Cette commission avait alors proposé la rédaction d'une loi loi sur la laïcité, qui précisait l'interdiction, à l'école, des signes religieux

Adieu les cons, transhumance suicidaire ? Albert Dupontel

Belle interview d’un artiste humaniste qui fait preuve d’une capacité rare de compréhension des « émotions populaires » que beaucoup de nos politiques pourraient (devraient) lui envier. Esprit critique et anxieux face aux évolutions du monde actuel, grand lecteur et cinéphage (l’interview fourmille de références), Dupontel est amené à parler aussi bien du « chaos géopolitique » que de « la parole médiatique » (« aux mains de peu de monde, et ça se voit »). #MeToo, les Gilets jaunes, Black lives matter ? Des « paroles d’opprimés face à des oppresseurs », différentes expressions pour lui de « l

Lettre à un ami qui ne voulait pas défendre ses mœurs

A l'occasion des discussions du groupe de travail portant sur l'intégration des enfants d'immigrés en France des opinions divergentes ont été émises sur la question de la nécessité ou de l'opportunité de la préservation des mœurs caractérisant le mode de vie français. Cette question me tenant à coeur j'ai transformé la réponse au groupe de travail en lettre ouverte. A l’infini nous débattons. Libre choix des descendants d’immigrés de notre pays de vivre en accord avec leurs coutumes ou intégration à la société française. Je suis le liberticide, le dictateur en puissance qui nie l’altérité et