Géopolitique

Alep, point haut de l’aventure iranienne en Syrie

Pour les Iraniens la bataille d’Alep représente une victoire mais elle est fragile et l’Iran n’a pas intérêt à prolonger la guerre en Syrie, estime François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France à Téhéran. La République islamique d'Iran savoure en ce moment l'accomplissement de "la promesse divine" qu'est la victoire d'Alep. En son sein, les Pasdaran, ou Gardiens de la Révolution, ont beaucoup donné d'eux-mêmes depuis cinq ans, soutenant à bout de bras la vacillante armée de Bachar el Assad, formant des forces d'appoint sur place, et surtout faisant venir du Liban des milliers de

Poutine va-t-il enfin régler le problème syrien ?

Les gesticulations des Etats occidentaux sur la question syrienne n'ont pas empêché Poutine d'aider décisivement l'armée de Bachar à reprendre Alep. Bachar exulte en public. Mais aussitôt Poutine a déclaré que "maintenant il fallait mettre en oeuvre la solution politique". Poutine a prouvé lors de l'affaire des armes chimiques utilisées par Bachar qu'il savait lui imposer ses vues. Le stock d'armes chimiques syrien a été détruit... En tout cas, Bachar l'a publiquement ordonné. A Alep, Poutine a obtenu l'exfiltration des civils et des combattants qui voulaient quitter les lieux. L'armée

Quelle est la solidité de l’Arabie Saoudite ?

D’une très intéressante Matinale du Club des Vigilants autour de Jacques-Jocelyn Paul (pseudonyme sous lequel le responsable d’un groupe français en Arabie Saoudite vient de publier Arabie Saoudite l’incontournable), je retire le sentiment que ce pays repose sur trois fondations solides …jusqu’à ce qu’elles craquent : sa structure sociale traditionnelle, la manne pétrolière et la religion. - La structure sociale est soumise à des tensions. La structure sociale est forte. Certes, les jeunes saoudiens s’ennuient, dans une société largement bloquée où le sous-emploi est très présent. Mais la

L'avenir de l'accord avec l'Iran dépend autant des Européens que de Trump

Donald Trump avait déclaré pendant la campagne électorale qu’il "reverrait" l’accord du 14 juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien. Depuis, le président-élu est revenu en partie sur quelques-unes de ses promesses. Selon notre ami François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France à Téhéran, dont nous publions ici l'article paru sur le site boulevard-exterieur.com, dédié aux questions internationales, les Etats-Unis pourraient se retirer sans difficultés juridiques de l’accord avec l’Iran mais leur départ ne condamnerait pas le texte qui a été approuvé par le Conseil de sécurité des

Trump construira-t-il son mur entre les Etats-Unis et le Mexique?

Pour contenir une immigration illégale difficilement contrôlable des Latinos, n’existent-t-il pas d’autres moyens que de construire un mur ? Jusqu’à présent, les moyens mis en œuvre sont plus classiques et utilisent la police (mais il y a déjà un mur partiel). Certes, les résultats ne sont pas satisfaisants, mais qu’en sera-t-il pendant et après la construction du mur que le nouveau Président américain a promis pendant sa campagne, s’il maintient ce projet ? Donald Trump a dit, lors de la présentation de son projet, « qu’il connaissait », en référence à son précédent métier, l’immobilier. Les

Michel Rocard : la vision d’un homme d’Etat nourri par ses convictions

Michel Rocard était intervenu au Club des Vigilants en février 2010 pour parler de l’élimination des armes nucléaires, combat qu’il avait fait sien, en tant que membre de la commission Canberra notamment. On était à la veille de la conférence quinquennale du Traité de Non-Prolifération (TNP) et beaucoup d’espoirs étaient mis dans le leadership américain après les discours d’Obama de 2009, à Prague et à l’ONU. Son intervention fut éblouissante. D’abord parce que son récit des négociations et l’exposé des problématiques étaient d’une grande précision (il pouvait citer l’annexe technique d’un

Nuages sur l'accord nucléaire avec l'Iran

L’accord nucléaire du 14 juillet entre l’Iran et le groupe de puissances dit P5+1 (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie, plus l’Allemagne) a été à juste titre salué comme un succès historique, fruit de plus de dix ans d’efforts diplomatiques. Mais ce sommet atteint, restent encore tous les périls de la descente, c’est-à-dire d’une mise en œuvre qui va durer de dix à quinze ans. Le pari de l’accord, c’est qu’au bout de ce temps, la confiance ayant été retrouvée quant aux pratiques et intentions nucléaires de l’Iran, celui-ci pourra être accueilli dans la communauté

L’Egypte, le pays qui ne doit pas s’écrouler

Si l’Egypte devait « s’écrouler », « imaginez les dégâts ». L’Egypte c’est 90 millions d’habitants, 120 millions très bientôt. Deux ou trois pays voisins suivraient immédiatement. Ce passage d' Ehad Badawi, Ambassadeur d’Egypte, devant le Club des Vigilants le 30 mars 2016 était sans doute le moment clé de ces riches échanges avec ce proche du Président Sissi, dont il a été le porte-parole. Pour bien marquer la différence avec la Syrie, l’Irak ou la Lybie l’ambassadeur a insisté sur l’ancienneté de l’Etat égyptien et du sentiment national égyptien. Ce « n’est pas un Etat tribal ». C’est ce

Syria : Putin’s real lesson to the West

Several days ago Putin caused surprise by announcing the retreat of Russian ground troops in Syria. He left commentators perplexed and divided. Sceptics saw a move to further destabilise and admirers saw the beauty of Russian gamesmanship. Since then, Russia has led the diplomatic charge in Geneva and taken part in the highly mediatised liberation of Palmyre. Should we be sceptical or acknowledging of Moscow's Syrian chapter? Those who have interpreted the Syrian intervention as a desire to affront the West in a "cold war" type episode have failed to observe that Moscow had a precise goal

Syrie: la vraie leçon de Poutine aux Occidentaux

Il y a quelques jours Poutine a créé la surprise en annonçant le retrait du corps expéditionnaire russe en Syrie laissant les commentateurs perplexes et divisés. Les sceptiques ont vu une manœuvre pour déstabiliser davantage tandis que les admirateurs louaient la beauté du jeu russe. Depuis la Russie mène le bal diplomatique à Genève et ce weekend elle a pris part à la libération très médiatique de Palmyre. Doit-on se montrer sceptique ou enthousiaste face cette séquence syrienne de Moscou? Ceux qui ont interprété l’intervention en Syrie comme un désir d’affronter l’Occident dans un épisode