
Ces peurs, qu’on les considère comme raisonnées ou pas, ne sont pas sans conséquence dans le domaine scientifique et économique. On le voit avec les OGM qui, 10 ans après leur lancement, peinent encore à s’imposer dans de nombreux pays. Non seulement les gains économiques escomptés par les entreprises qui ont misé sur ces innovations sont lents à venir mais, plus grave encore, la recherche se trouve entravée. Comment éviter ces crispations ? En anticipant et en prenant en compte ces peurs.
Aux Etats-Unis, l’industrie de la convergence des NBIC (Nanotechnology, Biotechnology, Information technology and Cognitive science) l’a, selon Jean-Pierre Dupuy, professeur de philosophie sociale et politique à l’Ecole Polytechnique et à Stanford University, très bien compris. 1 % des 1,5 milliards de dollars investis dans les NBIC vont à des recherches de type sociologiques. Philosophes, sociologues, anthropologues planchent sur l’"acceptabilité" des innovations potentielles. Jean-Pierre Dupuy parle de la "sagesse" de l’argent. Les investisseurs étant, pour l’essentiel, privés répugnent à ne pas recouvrer leur mise en cas de rejet massif de la part de la population.
En Europe, l’investissement est sensiblement le même, la "sagesse" de l’argent en moins. En France, où la recherche est essentiellement publique, non plus. L’Etat apparaît comme le garant de l’intérêt public. Juge et partie, la présence du Tiers de "sagesse" lui semble superflue.
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