Sciences

La sagesse de l’argent

La recherche est le moteur de tout progrès scientifique, technologique, économique et social. Pourtant, certaines recherches, surtout lorsqu’on touche au domaine du vivant, suscitent des peurs, déclenchent des angoisses et provoquent des préventions durables dans l’opinion publique, en particulier des pays développés. Ces peurs, qu’on les considère comme raisonnées ou pas, ne sont pas sans conséquence dans le domaine scientifique et économique . On le voit avec les OGM qui, 10 ans après leur lancement, peinent encore à s’imposer dans de nombreux pays. Non seulement les gains économiques

Neurosciences : Kant et Hume réconciliés

Réunies par Antonio Damasio, professeur de neurologie, neurosciences et psychologie à l’Université de Californie du Sud, et son équipe, trente personnes ont participé à une expérience inédite. Six avaient une partie du cerveau, le cortex préfrontal ventromedial (VMPC) qui régule les émotions, endommagée par une tumeur. Douze avaient des lésions dans d’autres régions du cerveau mais pas dans le VMPC. Les douze derniers ne souffraient d’aucun désordre. Différents scénarios ont été proposés aux participants qui disposaient du même niveau d'information pour prendre leurs décisions. Premier type de

Pour une communauté mondiale de la vapeur d’eau

Je vois déjà des sourires. Non, ne prenez pas cet article pour un canular. C’est très sérieux. Marc Ullmann propose une communauté mondiale de l’eau. Oui, l’eau est rare et inégalement partagée. L’eau potable manque et viendra encore plus à manquer. Mais je ne vous parle pas ici de manque d’eau, mais du réchauffement climatique. Quel rapport, me direz-vous, entre réchauffement climatique (une nouvelle grande peur pour nos esprits vigilants) et la vapeur d’eau ? Eh bien il y a un rapport direct. Quel est le principal agent du réchauffement climatique ? La quantité de chaleur produite par l

Quand l’admiration s’en va …

Les Etats-Unis ont assis leur puissance en jouant sur deux registres : ils étaient à la fois forts et admirés. Aujourd’hui, la force subsiste mais l’admiration s’en va. Faute de modèle à admirer ailleurs, le monde se trouve déboussolé. La science tourne encore à l’heure américaine mais, dans les autres domaines, adieu le soft power ! L’unilatéralisme a fait tellement de ravages à l’international que « l’Oncle Sam » a acquis la réputation d’être sourd, aveugle, quasiment autiste, incapable de comprendre et d’apprécier les ressorts et les motivations de ceux qui ont été nourris par d’autres

Europe : la société de la connaissance s’éloigne

Faire de l’Union l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici 2010. C’était une des ambitions proclamées à Lisbonne en 2000. En 2002, des objectifs précis étaient fixés dont l’augmentation des dépenses en R&D à 3% du PIB communautaire et la formation de 700 000 chercheurs supplémentaires. Aujourd’hui, de l’avis même de la Commission européenne, on en est encore loin. Au rythme actuel, l’Europe ratera, à coup sûr, l’objectif des 3 % et atteindrait, au mieux, 2,2 %. Soit la même part que la Chine qui n’en était qu’à 1,3 % en 2003 ! Et toujours bien loin

L’apoptose pour vaincre le cancer

Une équipe de l’Université de l’Illinois (USA) a réussi, à partir de l’analyse de 20 000 composés synthétiques et de différentes combinaisons, à créer une molécule synthétique, appelée PAC-1, capable de déclencher le suicide des cellules cancéreuses. On sait que les cellules saines ont la capacité de se « suicider » dès que quelque chose ne tourne pas rond. C’est l’apoptose, phénomène décrit par le Professeur Jean-Claude Ameisen lors d’un débat au Club. « A partir d’informations contenues dans leurs gènes nos cellules produisent les « exécuteurs » moléculaires capables de précipiter leur fin

Neuropharmacologie : perspectives de modification des comportements

Le cerveau est considéré, dans nos sociétés, comme le siège de la pensée. Depuis Descartes, la pensée est considérée par certains comme dissociée du corps. C’est pourquoi on a beaucoup de mal à voir dans le cerveau un organe comme les autres. On a encore plus de mal à admettre que le cerveau, comme tout autre organe, le foie ou le cœur par exemple, puisse être malade. La pensée malade ? C’est une idée terrifiante. Pourtant si le cerveau est un organe comme les autres, on doit admettre qu’il puisse et devrait être soigné comme n’importe quel autre organe. Certes, le cerveau est une machine

Histoire de déluge…

L'idée que des êtres humains, il y a très longtemps, aient pu être les témoins d'un des plus impressionnants épisodes climatiques de notre Terre fait son chemin petit à petit. Le mythe correspondant est celui du Déluge. Des études scientifiques récentes ont reconstitué l'apparence de notre continent européen il y a moins de 20 000 ans (grande période glaciaire). Le niveau de la mer, notre "altitude zéro" se trouvait à 130 mètres au-dessous de ce qu'il est aujourd'hui ! Evidemment les terres émergées étaient différentes : -Notre Bretagne française, la Grande Bretagne, le Nord de la France, la

Du fonctionnement du cerveau à la prise de décision

Nous émergeons d’un siècle qui vénérait la pensée formelle et négligeait l’émotion. Un siècle où la raison était érigée en totem. C’est elle qui nous a permis de découvrir les propriétés fondamentales de la matière, de transplanter le cœur d’une poitrine vers une autre ou d’accéder à la Lune, muse préférée des poètes, et demain peut-être à Mars. Cette « Raison » raide et froide de rigueur, tout le contraire de la raison du siècle des Lumières, indifférente à l’incertitude, nous a fait croire que le monde pouvait être soumis au calcul, que la guerre du Vietnam pouvait être gagnée par les

Science sans conscience…

Les petits-déjeuners du Club nous ont offert récemment deux approches radicalement différentes de la médecine et de la biologie. En novembre 2005 le Professeur Derenne, personnage haut en couleurs, a fait un très brillant exposé sur le thème : "Ils ont tué Hippocrate". Il dénonçait certaines dérives actuelles de la politique de santé et le comportement de nombre de ses collègues qui n'agissent plus en médecins mais en techniciens, oubliant que les patients sont des êtres humains. Le 16 mai, le Professeur Joël Bockaert nous a fait part des dernières recherches sur le fonctionnement du cerveau