Santé

Sécu et préjugés

Cela fait au moins quarante ans que le système de santé américain est disséqué jusqu’à plus soif. Plusieurs administrations successives ont essayé en vain de le réformer. Obama, pendant la campagne électorale, s’est engagé à relever le défi. Il risque de s’y user alors que le système actuel coûte plus cher à l’économie américaine que celui de tous les autres pays développés et qu’il laisse près de 50 millions d’Américains dépourvus de toute couverture.   Il est normal que les compagnies d’assurance, les laboratoires pharmaceutiques et certains médecins soient contre un projet qui encadrerait

Grippe H1N1 : le vrai scénario noir

Selon l’OMS, la pandémie de grippe A (H1N1) touchait près de 300 000 personnes dans le monde au 18 septembre 2009. La pandémie actuelle surprend par sa vitesse de propagation – en six semaines le virus H1N1 parcourt la même distance que d’autres virus en six mois ! – et "rassure" par son côté "bénin" – à ce jour, on compte environ 3500 décès, soit un peu plus de 1 % des personnes contaminées. La plupart des experts estiment que l’heure de vérité sonnera à l’automne et, pour l’essentiel, deux scénarios sont envisagés. Un troisième pourrait être encore plus ravageur.   Le premier, optimiste

God save Obama

Toutes les nations du monde entreraient dans un brouillard épais si, en 2012, un candidat d’extrême droite, chauvin, protectionniste voire belliqueux devenait président des Etats-Unis. Le danger est réel. Il ne faut pas le sous-estimer. Les peuples, quels qu’ils soient, n’aiment pas se sentir en descente . Ne parlons pas de déclin, le mot est trop lourd de références historiques. Disons seulement que le poids relatif des Etats-Unis n’est plus ce qu’il était, qu’il continuera forcément de baisser et que le passage à un monde multipolaire s’annonce délicat.   Le géant est empêtré. S’il se passe

Psychanalyse de la grippe

Le virus H1N1 touche maintenant les six continents et, bien que l'on ne compte que quelques centaines de morts, l’OMS a distribué aux laboratoires du monde entiers la souche du virus de base afin que des vaccins soient à disposition le plus rapidement possible. L’Institut Pasteur estime qu’il faudra de quatre à six mois pour produire et tester. Après, il faudrait vacciner la totalité des habitants de la planète afin que la pandémie soit contenue. Les propos alarmistes tenus par des spécialistes compétents rencontrent un étrange écho dans l’inconscient collectif. La peur est à la mode. Selon un

Produire sain pour manger sain

Il est admis que la "bonne" santé dépend non seulement de facteurs génétiques mais aussi, pour une large part, de l’environnement des individus. La pratique d’un sport, la tempérance dans l’absorption de produits nocifs tels le tabac ou l’alcool ou encore la nutrition jouent, selon les spécialistes, un rôle important dans la prévention d’un grand nombre de maladies. Arrêtons-nous à l’alimentation. Les conseils des autorités de santé pour un "mieux manger" – la nécessité de cinq fruits et légumes par jour, les risques de l’abus de sel et de gras, les bienfaits du lait... -   foisonnent. Les

A (H1N1) : entre crainte et espoir

La grippe saisonnière tue chaque année près d’un million de personnes. La grippe porcine qui sévit au Mexique est du à un virus influenza A de type H1N1 qui a des caractéristiques aviaires, porcines et humaines. Elle a, d’ores et déjà, fait environ cent cinquante morts dans ce pays, pour la plupart jeunes et bien portants. La maladie poursuit sa progression dans le monde. Des cas avérés sont recensés aux Etats-Unis mais aussi en Grande Bretagne, en Espagne... et de nombreux cas suspects sont apparus au Danemark, en Suisse... et en France. La crainte d’une pandémie est montée d’un cran et l

Sida et religions

Les dernières déclarations du pape Benoît XVI concernant l’usage du préservatif amènent à s’interroger sur leurs conséquences en termes de propagation ou d’absence de cantonnement de l’épidémie du Sida et sur le principe d’une responsabilité des représentants du Vatican dans cette propagation. La mesure des conséquences d’une déclaration d’un représentant religieux sur des pratiques sexuelles justifierait des études dont la méthodologie serait elle-même l’objet d’un débat. Pour autant, une simple comparaison entre la carte de distribution des religions et la carte de répartition de la

L'humanité ne mange que des plantes malades

Ce titre, qui fait froid dans le dos, est une citation de Claude et Lydia Bourguignon, dont Le Monde, daté du 27 février, publie un portrait passionnant. Ces deux chercheurs ne cessent d’analyser la terre, sur tous les continents, et leurs diagnostics sont de plus en plus alarmistes. Si le titre de ce billet donne un reflet évocateur de leurs positions, ces deux francs-tireurs dressent un tableau sévère de toute la profession. A commencer par l’INRA, leur précédent employeur. Ils ont proposé à l’Institut National de la Recherche Agronomique une méthode de mesure de l’activité microbienne des

Micmac autour des cellules souches

Les recherches sur les cellules souches apparaissent comme le nouvel eldorado thérapeutique et... accessoirement financier. Aujourd’hui, les plus avancées concernent les cellules souches adultes. Elles sont les seules qui aient fait, avec des succès divers, l’objet d’essais thérapeutiques sur l’homme. Mais, selon un nombre croissant de biologistes, ce sont les cellules souches embryonnaires humaines (CSEh) qui recèleraient les capacités les plus "révolutionnaires". Ces cellules, éternellement vierges, seraient "pluripotentes". Ce qui revient à dire que l’on peut en disposer rapidement en

Neurosciences : Kant et Hume réconciliés

Réunies par Antonio Damasio, professeur de neurologie, neurosciences et psychologie à l’Université de Californie du Sud, et son équipe, trente personnes ont participé à une expérience inédite. Six avaient une partie du cerveau, le cortex préfrontal ventromedial (VMPC) qui régule les émotions, endommagée par une tumeur. Douze avaient des lésions dans d’autres régions du cerveau mais pas dans le VMPC. Les douze derniers ne souffraient d’aucun désordre. Différents scénarios ont été proposés aux participants qui disposaient du même niveau d'information pour prendre leurs décisions. Premier type de