Moyen Orient

Duel arabo-persique

Ce n’est pas la force de l’Iran qui effraye. C’est sa faiblesse. La faiblesse pousse aux rodomontades et les provocations peuvent se révéler suicidaires. Lorsqu’il est arrivé au pouvoir en 1979, l’Ayatollah Khomeini a tenté d’apaiser – à son profit – l’ancestrale querelle entre Chiites et Sunnites. Des centaines d’érudits ont été mobilisés pour travailler à une « grande encyclopédie islamique » où, sans rien renier de la doctrine chiite, ils devaient se garder de toute agressivité à l’égard du sunnisme. L’Islam, pensait Khomeini, devait s’unir contre l’Occident et la lutte contre Israël

Dilemme juif

Les citoyens israéliens ne se privent pas de critiquer leur gouvernement. Dans quelle mesure les Juifs de la diaspora peuvent-ils se le permettre ? De plus en plus nombreux sont ceux qui, en Europe et aux Etats-Unis, se posent ouvertement la question. L’Etat d’Israël a été consacré, en 1948, par un vote de l’ONU. Le Vatican, alors, a refusé de le reconnaître. Ses raisons n’étaient pas seulement politiques. Le vieil antisémitisme chrétien se complaisait dans le mythe du juif condamné à l’errance pour cause de déicide. L’anti-sionisme a pris le relais. Et ce, d’autant plus facilement qu’il n

Irak : délabrement et rente pétrolière

Rien ne marche mais l’argent circule. Si l’on se promène à Bagdad, les rues sont toujours aussi sales, les façades aussi délabrées mais l’on voit par-ci, par-là, quelques belles demeures entrain d’être restaurées et quelques commerces entrain de s’ouvrir. En dépit de la pagaille, deux millions de barils/jour sortent du sol. Cela représente beaucoup d’argent et l’essentiel, près de 80 % de la manne, est absorbé par le fonctionnement de l’Etat. Des millions de fonctionnaires en vivent. Des « bien placés » s’enrichissent. Les investissements en cours de réalisation par des compagnies pétrolières

L’homme qui compte

Une réconciliation entre l’Autorité Palestinienne et le Hamas est-elle possible ? Une coexistence entre un Etat palestinien et Israël est-elle concevable ? Les optimistes qui s’obstinent à répondre « oui » aux deux questions, misent sur un homme charnière, Salam Fayyad. Cet économiste de 57 ans a longtemps travaillé à la Banque Mondiale, a été ministre des Finances puis Premier ministre de l’Autorité Palestinienne. Il est apprécié en Occident comme dans la plupart des pays arabes et Israël est obligé de le traiter avec égards tant sa réputation d’intégrité tranche sur la corruption ambiante

Irak : espoir de reconstruction

Après sept années d’interruption, la Foire Internationale de Bagdad a rouvert ses portes du 1 er au 10 novembre. Le pavillon français était le plus important avec trente cinq entreprises présentes, multinationales et PME. Pour la première fois depuis très longtemps, l’ambassade de France en Irak et les différents organismes français de promotion de l’exportation s’étaient donnés du mal. Les chefs d’entreprises présents étaient contents d’être venus.   La reconstruction , dont la préparation est en cours, devrait débuter après les élections de janvier. Le président Talabani est attendu à Paris

Quand les évènements bousculent les habitudes

Rares sont les pays où la politique intérieure ne régit pas la politique étrangère … jusqu’au moment où des évènements graves bousculent les habitudes. Alors, des régimes, prétendument solides, peuvent s’écrouler et un ordre, que l’on croyait immuable, peut s’effondrer. Au Moyen Orient, la situation est si explosive que le réveil risque d’être brutal.

Visites inopinées

"Quand on tire la queue d'un chat, on finit par voir la tête". Il paraît que c'est un proverbe persan. Si c'est vrai, cela tombe bien car les négociations, pour l'instant, se focalisent sur la queue du chat. Je suis sûr, pourtant, que la tête surgira. En clair, l'Occident s'est auto piégé en faisant de l'arrêt de l'enrichissement un préalable. Les Iraniens refusent en arguant que le TNP leur en donne le droit. On pourra amuser la galerie quelques temps avec cette joute mais l'essentiel est de disposer de moyens de contrôles suffisants pour s'assurer que les stades ultimes ne sont pas franchis

Investissements étrangers en Irak

Venant de rentrer d’un déplacement à Bagdad, je constate que l’Irak est à la recherche d’investissements. La perception des entreprises françaises y est excellente. L’ensemble de mes interlocuteurs a mis l’accent sur la bonne image des sociétés françaises et des liens historiques qui unissent nos deux pays. La présence française est grandement souhaitée (« un équilibre nécessaire ») et un grand nombre de contacts déplore son absence tout en soulignant la présence de concurrents actifs (US, Canada, Australie, GB, Allemagne, Italie, Turquie, Iran, Corée du Sud, Pays du Golfe..).     Des

Iran : une clef

La situation en Iran est si complexe, les forces en présence sont si nombreuses que personne ne peut prétendre détenir la clef permettant d’expliquer le présent et de prévoir l’avenir. Contentons-nous donc de chercher une clef ou plutôt un fil conducteur. Tout se passe, depuis des années, comme si nous assistions à une lutte entre les deux personnalités les plus importantes du pays : Khamenei, le « Guide », et Rafsandjani, le tireur de ficelles. En 2005, Khamenei a inventé Ahmadinejad pour empêcher Rafsandjani de redevenir président. En 2009, Rafsandjani a inventé Moussavi pour contrer

Iran cherche provocations

C’est vieux comme le monde. Lorsqu’un régime est contesté, il veut pouvoir évoquer des menaces extérieures afin de déclencher un réflexe patriotique. Khamenei et Ahmadinejad ne peuvent se contenter de mots ; ils vont essayer de provoquer des provocations. Khomeiny avait fait de même en 1980. Il était même allé si loin que l’Irak, avec la complicité américaine, était entrée en guerre. Espérons que rien d’aussi grave ne surviendra aujourd’hui mais il faut quand même s’attendre à ce que le régime trouve des excuses pour pratiquer des purges parmi les dirigeants tentés par la contestation.   Une