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Rien ne marche mais
l’argent circule. Si l’on se promène à Bagdad, les rues sont toujours aussi sales, les façades aussi délabrées mais l’on voit par-ci, par-là, quelques belles demeures entrain d’être restaurées et quelques commerces entrain de s’ouvrir.
En dépit de la pagaille, deux millions de barils/jour sortent du sol. Cela représente beaucoup d’argent et l’essentiel, près de 80 % de la manne, est absorbé par le fonctionnement de l’Etat. Des millions de fonctionnaires en vivent. Des « bien placés » s’enrichissent.
Les investissements en cours de réalisation par des compagnies pétrolières laissent augurer un accroissement relativement rapide de la production. Cela génèrera encore plus d’argent. D’où l’arrivée d’hommes d’affaires venant du monde entier pour vendre des produits ou entreprendre des chantiers.
Pendant ce temps,
les tractations continuent pour former un gouvernement. Mais l’existence de ce gouvernement ne sera pas synonyme d’autorité et d’efficacité. Les divisions claniques perdureront et certains dégâts s’annoncent d’ores et déjà irréparables. Par exemple, le Chatt al-arab, où, selon une tradition biblique, se situait le Jardin d’Eden, est devenu un immense cloaque où l’eau de mer pénètre et chasse progressivement l’eau douce.
De là à dire que de très nombreux Irakiens regrettent Saddam Hussein, il y a un pas qu’aucune étude sérieuse ne permet de franchir. Il est, cependant, permis de croire que la menace de l’invasion aurait permis de faire l’économie du passage à l’acte. Plusieurs missions de la dernière chance ont été accomplies et, la dernière en date, celle du Russe Evgueni Primakov, était, dit-on, sur le point d’aboutir à une mutation du régime. On connaît la suite. Elle a été déplorable.
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