Mondialisation

Davos se saisit du long terme

Le souci du long terme est l'un des thèmes centraux du Forum Economique Mondial, qui s'est ouvert à Davos la semaine dernière. Il se décline dans la liste des risques majeurs auxquels le monde est exposé, tels que : l'accès à l'eau, le changement climatique, une faillite financière globale, les inégalités de revenus. Logiquement, les solutions pour y faire face supposent des arbitrages de long terme, au nombre desquels : les investissements en infrastructures, un changement de comportement des individus et des communautés, des choix économiques durables.  

Indonésie : au-delà du commerce

En février 2010, Vigilances 79 écrivait : « L’Indonésie donne des signes d’équilibre que beaucoup de ses voisins pourraient envier. Parmi ces signes, il en est un, très important, qui passe souvent inaperçu. En Indonésie, la natalité a atteint le niveau quasi idéal de 2,3 enfants par femme. Pour l’Asie, c’est une exception. La population en Inde augmente trop tandis que celle du Japon (où les femmes ne font en moyenne, qu’1,3 enfant) s’effrite dangereusement. L’exception indonésienne est d’autant plus notable que le pays est composé à 88% de Musulmans et que, contrairement à d’autres

Alcatel-Lucent : grandeur et décadence

Devant faire face, à partir de 2013 et jusqu'en 2017, à des échéances de remboursement de dettes considérables, Alcatel-Lucent a réussi à éviter la crise de liquidités. L’équipementier a en effet obtenu une nouvelle ligne de crédit de 1,615 milliard d’euros auprès des banques Goldman Sachs et Crédit Suisse. Une bonne nouvelle dans l’immédiat mais qui ne préjuge rien de bon à plus long terme. L’entreprise, qui en est à son cinquième plan de restructuration depuis la fusion en 2006 avec Lucent, a emprunté au prix fort : entre 600 et 700 points de base au-dessus du taux interbancaire Libor, soit

Du malign neglect au benign leadership

Obama a quatre ans, sinon pour changer le monde, du moins pour faire meilleur usage de la puissance américaine. Déclin ou pas déclin, les Etats-Unis restent N°1. Leur suprématie militaire est incontestée. Leur capacité d’innovation est intacte. La réindustrialisation est en cours. L’indépendance énergétique est en bonne voie. Ces atouts devraient permettre à l’opinion de renouer avec l’optimisme et au Président de jeter les bases d’une politique étrangère moins erratique. Vigilances , la lettre mensuelle du Club, a signalé, à plusieurs reprises, que moins les Etats-Unis étaient sûrs d’eux

« Tellement à faire, si peu de temps »

L’hebdomadaire londonien, The Economist, n’a jamais été tendre pour la France ni favorable au socialisme. On peut donc soupçonner qu’il y ait une part de malignité dans le choix de sa couverture du 17 novembre présentant la France comme « la bombe à retardement au cœur de l’Europe ». Difficile, en revanche, de critiquer John Peet pour le titre du « Rapport Spécial » qu’il a coordonné. « Tellement à faire, si peu de temps » est exactement la situation dans laquelle se trouve François Hollande. Ni Chirac, ni Sarkozy n’ont été pour Hollande ce que Schröder a été pour Merkel. Lorsque le nouveau

L'économie mondiale désaccordée

Des politiques centrales laxistes et insouciantes, une dérégulation financière à tous vents, un monde économique ultralibéral à découvert, ont généré, depuis les années 80, un cycle de crédit qui a contribué au développement du commerce international, favorisé l'innovation et l'émergence concurrentielle de nouvelles contrées. Les siècles passés sont pleins d'exemples à l'identique qui se sont toujours conclus par des bouleversements, et des désordres financiers et sociaux. Une fois de plus, le prix à payer a façonné l'éclatement d'une bulle gonflée par les surendettements privés et publics et

Accélération des incertitudes

« Le monde vit une seconde Renaissance : Internet, c’est l’équivalent de l’invention de l’imprimerie ; la chute du rideau de fer, c’est celle du royaume maure de Grenade ; la montée des pays émergents, c’est la découverte de l’Amérique en 1492. La croissance mondiale s’accélère, les avancées médicales se multiplient, la durée de vie ne cesse de s’allonger. Jamais le monde n’a offert autant d’opportunités de progrès ». Ainsi s’exprimait Henri de Castries, Président Directeur Général d’Axa, dans le numéro de L’Express du 14 novembre. Il a cent fois raison mais les risques sont à la mesure des

Le challenger surprise de la Chine

C’est le titre d’un article du FT du 20 septembre, et c’est du Mexique qu’il s’agit. Très optimiste, l’article affirme que le Mexique pourrait rapidement devenir un véritable concurrent de l’Asie, si bien sûr il arrive à résoudre les violences liées notamment aux trafics de drogues. Quelques-uns des indices cités par le journal anglais : sur les trois dernières années, le Mexique a gagné 3 points dans les importations américaines de produits manufacturés, la Chine en a perdu 3. En 2001, les salaires horaires comparés mexicains et chinois dans le secteur manufacturier étaient 172 cents contre

Un coup d’arrêt à la globalisation ?

Un article très intéressant dans le dernier numéro du Time américain (20 août 2012), d’autant qu’il éclaire deux des thèmes de réflexion que le Club vient de lancer : celui de l'avenir de l'industrie en France, et celui des errements de la finance. Time annonce en effet l’arrêt de la globalisation, dans un nouveau monde économique fondé sur cinq règles. - Règle numéro 1 : les banquiers locaux sont les meilleurs. Le recentrage des banques est en route et il était nécessaire. Time cite un chiffre frappant : la finance ne représentait que 11% des profits des entreprises américaines en 1975, mais

L’évènement le plus important de l’été

Quel est pour vous l’évènement le plus important de l’été ? Faute d’évolution décisive de la crise européenne et du drame syrien, c’est à mon avis l’entrée de la Russie à l’ OMC (Organisation Mondiale du Commerce), devenue effective le 22 août. D’apparence horriblement technique, sous commenté par les politiques, sous couvert par les média, c’est le tournant le plus porteur d’avenir. Après des années de négociations, c’est sans doute le pari le plus important que Vladimir Poutine ait jamais fait. Oublions les « détails », rythme de baisse des droits d’importation et autre périodes de