Mondialisation

Steve Jobs et l’industrie

Dans la récente biographie posthume de Steve Jobs, Walter Isaacson relate (p.612 et suivantes) comment le patron d’Apple rencontra le Président Obama fin 2010 : « Si vous continuez comme ça, lui dit-il, vous êtes parti pour une présidence à un seul mandat. Si vous voulez changer cela, le gouvernement devrait davantage favoriser la création d’entreprises. » Il lui expliqua combien il était facile de construire une usine en Chine alors que c’était pratiquement impossible de le faire aux Etats-Unis, en grande partie à cause des règlements et des coûts inutiles. Jobs s’en prit ensuite au système

Capitalising on change in a globalising world (A view from Hamburg)

Le Club doit beaucoup à Wolfgang Michalski. Avant même de déposer les statuts, je suis allé demander conseil à l’homme qui, avec un souci scrupuleux d’indépendance, dirigeait et coordonnait les études prospectives de l’OCDE. Ses connaissances en matière d’économie internationale étaient exceptionnelles et ses méthodes de travail d’une rigueur exemplaire. Ces connaissances et ces méthodes se retrouvent aujourd’hui dans un ouvrage * détaillé sur les mondialisations successives qui ont jalonné notre histoire. Elles ont toutes des points communs mais celle que nous vivons actuellement est

Patrimoines en danger

D’aucuns comparent cette crise à celle de 1929. Il n’en est rien. La crise actuelle est la première crise réellement mondialisée. Elle frappe autant les Etats que les ménages, en particulier aux Etats-Unis. La situation économique s’est, depuis deux ans, extrêmement dégradée. Or, que voit-on ? Une sorte de fuite en avant des autorités économiques et politiques qui s’avère catastrophique. En deux ans, rien n’a été fait qui ait eu un impact sur l’économie que ce soit aux Etats-Unis, au Japon – sur lequel il nous faudrait tirer une croix définitive – ou en Europe. Pour la conjurer, on a exhumé

Europe : pour un libéralisme régulé

Au XX° siècle la libéralisation des échanges a permis une croissance mondiale sans précédent. Depuis l'instauration en 1947 du GATT, l'ancêtre de l'Organisation Mondiale du Commerce, les tarifs douaniers moyens ont diminué de plus de 90% entre les pays industrialisés, les échanges ont été multipliés par quinze et la production mondiale par huit. Pour aller plus loin, il faut s'attaquer maintenant " aux barrières non tarifaires et aux pratiques protectionnistes" de certains pays comme les Etats-Unis d'Amérique. Ces derniers entendent pourtant "imposer l'ouverture et la fin des aides

Crise : on ne peut vouloir une chose et son contraire

L’excès des dettes publiques pousse les investisseurs à réclamer l’austérité mais l’absence de croissance qui en résulte les effraye. Ainsi l’Occident s’enfonce-t-il dans la crise alors qu’un juste diagnostic pourrait remettre l’économie en mouvement. Le drame, tant aux États-Unis qu’en Europe, est que l’on s’est endetté au moment où l’on en avait le moins besoin, c’est-à-dire au moment où la croissance était suffisamment robuste. C’est maintenant qu’il faudrait s’endetter pour financer des investissements créateurs d’emplois tout en faisant la « chasse aux gaspi » sur les dépenses courantes

La tentation du nationalisme

Après la crise de 2008 comme après celle de 1929 on pouvait craindre la montée du protectionnisme et du nationalisme. La voilà qui arrive. Un mauvais résultat du commerce extérieur, la révélation d’une hypothétique fermeture d’usines chez Peugeot, le moindre courant d’air souffle sur la braise. Protectionnisme et nationalisme sont explicites dans le programme du Front National. Ce n’est pas une surprise. En la matière ce sont les compagnons de route des extrêmes qui sont inquiétants. Ils arrivent aussi. Arnaud Montebourg est candidat à la primaire du PS sur la base d’un programme de «

L’urgence qui imposera la réforme du système monétaire

La rumeur précédant les prochaines grandes réunions internationales laisse présager un doux ronron sur la réforme du système monétaire international. La France s’est livrée à ses incantations habituelles mais le président Sarkozy lui même, président du G20, aborde la question avec beaucoup de prudence et ne semble pas vouloir déployer sur ce terrain son volontarisme habituel. Il y a pourtant une bonne raison qui pourrait faire avancer le dossier plus vite qu’on ne l’imagine : les caisses sont vides. C’est ce qu’a dit en termes plus feutrés Michel Camdessus, ancien directeur général du Fonds

Chine : entre ambition tranquille et esprit de revanche

Les pays d’Asie font émerger une classe moyenne d’environ un milliard de personnes. Les Etats-Unis et l’Europe se pénaliseraient en adoptant des politiques protectionnistes qui les couperaient de cet immense marché. Encore faut-il qu’il y ait réciprocité et que le plus grand des pays d’Asie, la Chine, ne pratique pas un protectionnisme sournois sous forme de mesures non tarifaires. Taux de change manipulé, vente de biens ou de services à des prix artificiellement bas, pillage de brevets, appels d’offre truqués, ententes occultes. Longue est la liste des obstacles moins visibles que les droits

La vertu du long terme

Rétrospectivement, on a du mal à comprendre comment, dans le monde entier, des hommes éminents ont pu se tromper si complètement sur le système soviétique. Pablo Neruda, prix Nobel et humaniste, pleura la mort de Staline en termes émouvants : « Il est un phare, une colombe ». En termes moins lyriques, l’inspecteur des Finances Maurice Lauré expliquait doctement, dans Révolution, dernière chance de la France (PUF, 1954), que le niveau de vie soviétique atteindrait le niveau de vie français avant 1960 et qu’il lui serait supérieur d’environ un quart dès 1965. Ainsi, pendant des décennies, des

Méfions nous des « Munis »

En 2007, peu de gens connaissaient le mot « subprimes ». En 2008, tout le monde le connaissait. En 2010, peu de gens ont entendu parler des « Munis ». En 2011, le risque est grand que tel ne soit plus le cas. Les « Bons Municipaux US » s ont, comme leur nom l’indique, des bons émis par des municipalités américaines pour financer des services locaux. Ils ont de plus en plus de mal à se placer, les compagnies d’assurance spécialisées s’inquiètent et la plupart des Etats de l’Union n’ont ni l’envie ni les moyens de donner leur garantie. Aucun drame n’a encore éclaté car l’arbre du Budget Fédéral