
Retenu à Mulhouse suite à un incident d’avion, Jean-Marie Bockel, auteur du Rapport d’information sur la "cyberdéfense" réalisé pour la Commission des affaires étrangères, de la défense et des armées, n’a pu intervenir dans le débat. La réunion s’est toutefois tenue animée par les membres présents et leurs invités.
Un constat partagé par tous d’abord : la France part de loin dans le domaine de la cyberdéfense en termes de moyens financiers et humains. Loin des Etats-Unis mais aussi de la Grande Bretagne ou de l’Allemagne. Ce Rapport a de ce fait et malgré ses faiblesses selon Pierre, le mérite de marquer
une prise de conscience du politique. Prise de conscience qui s’est traduit notamment, selon Emmanuel, stratégiste, par la création d’une chaire de cyberdéfense à l'initiative des écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan, en phase avec deux partenaires industriels, Sogeti (filiale de Capgemini, NDLR) et Thales.
Pour d’autres, le Rapport ne va pas assez loin. Alors que Jean-Marie Bockel pointe par exemple du doigt
la "menace" chinoise, Bertrand, hacker et cyberactiviste, et Michel Ferrand, avocat, déplorent, quant à eux,
la trop grande dépendance envers la technologie américaine y compris dans le domaine – oh ! Combien stratégique - de la défense. Et Michel Ferrand de citer le cas de la frégate Aquitaine, tête de série des frégates européennes multi-missions (FREMM), dont toute l’exploitation, sauf l’armement, est basée sur Windows XP de Microsoft !
Quelques pistes d’amélioration ont été explorées. Bertrand suggère par exemple
d’inclure les hackers, comme le font notamment les Allemands et les Américains, dans une démarche citoyenne de cyberdéfense afin de répondre aux besoins criants en moyens humains. Mais aussi d’utiliser, en particulier dans les domaines hautement stratégiques, des technologies françaises. Michel Ferrand pour sa part met en garde contre
les risques d’insécurité qui peuvent être induits par l’asymétrie technologique. Et de citer le cas du Hezbollah libanais. Peu confiant dans la sécurité des communications transitant par les opérateurs officiels libanais, il a, dans le plus grand secret, construit un système de communication filaire parallèle. Lorsque la guerre éclate, en 2006 entre le Hezbollah et les Israéliens, ces derniers réalisent qu’ils étaient "sourds" et "aveugles". Ne pouvant entendre les communications, ils étaient dans l’incapacité de briser la chaîne de commandement et de localiser les forces adverses.
"Think Outside the Box" (penser de façon non conventionnelle) a été, me semble-t-il, le mot d’ordre de ce moment
d’intelligence collective. Et vous qui étiez présents, qu’en pensez-vous ?
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