
Les « Founding Fathers » l’avaient compris :
faute de règles pérennes, les bonnes volontés sont passagères et aléatoires. Les constitutions sont faites pour que le respect des textes tempère les émotions.
Ainsi, dans la plupart des cas, la cohabitation à l’américaine (Président d’un bord et majorité(s) parlementaire(s) de l’autre) a bien fonctionné. Le Président et les leaders des majorités parlementaires se rencontraient régulièrement et, de leurs délibérations, découlaient des
compromis.
Aujourd’hui,
l’usine à consensus est en arrêt de travail. La majorité sénatoriale est prise en otage par une frange extrémiste (tea party) et son leader n’a pas les coudées assez franches pour délibérer utilement. La paralysie s’installe alors que les intérêts vitaux des Etats-Unis doivent être reconsidérés et que des décisions difficiles doivent être prises. La Constitution américaine prend ainsi l’allure d’un chef d’œuvre en péril. C’est la plus vieille constitution du monde avec des élections tenues à dates fixes depuis plus de deux siècles. Qui dit mieux ? Le modèle est inégalé.
Il y a eu, c’est vrai, une période de graves incertitudes pendant la Guerre de Sécession (1861-1865). Le sang a coulé et l’avenir de la nation était en jeu. L’Histoire a rendu la suite plus facile. Les Etats-Unis ont grimpé les échelons de la puissance.
Le succès a été mis au compte de la vertu. On ne change pas une équipe qui gagne.
Maintenant,
on est à « moins cinq » de l’heure de vérité. Les Etats-Unis gardent d’immenses atouts mais l’on parle de déclin et la question « À qui la faute ? » commence à faire des dégâts.
Cet été, la polarisation a été centrée sur les choix budgétaires mais
le bât qui blesse profondément la population est le chômage. Il ne s’agit même pas du chômage en général mais du chômage de longue durée, celui que les Américains (qui sont « flexibles » et prêts à changer de job) ne supportent pas. Le débat est donc en train d’évoluer.
Si l’on veut
se faire une idée de la politique américaine pour les années à venir, inutile de se noyer sous le flot d’innombrables statistiques. Mieux vaut se concentrer sur celles qui traitent du chômage de longue durée. Si les chiffres sont en hausse, la tempête soufflera ; s’ils sont en baisse, le vent s’apaisera.
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