Société

Une éclairante histoire de la science avec Yann Mambrini

A l’heure où se diffuse une forme de défiance face à la science, quand ce n’est pas le déni de ses « résultats » (antivax, platistes…), il est salutaire d’entendre des personnes comme Yann Mambrini [i], physicien vulgarisateur passionné et passionnant. Au Club des vigilants, il nous a emporté dans une « histoire de la science » très éclairante. Son envie et son goût de nous faire partager la beauté et la puissance de la pensée scientifique et de susciter notre curiosité pour les mystères de l'univers étaient palpables [ii]. Son intervention nous a fait vivre l’histoire des changements de

Pierre Caye : "Seul le temps nous appartient"

Notre mauvais usage du temps favorise sa captation par le capitalisme marchand qui le dissout dans la mobilisation totale des êtres et des biens. Il est ainsi devenu l’instrument de notre aliénation et la cause principale de la dégradation de la vie terrestre. Telle est la thèse du livre de Pierre Caye*** consacré au temps. Il nous faut reprendre du pouvoir sur lui en apprenant comment résider dans son écoulement, se tenir dans son flux. Suivons en cela la sagesse stoïcienne qui parait tant manquer à notre époque, résumée par la sentence provocatrice de Sénèque dans « De la brièveté de la vie

Démocratie et écologie : même combat !

Considérée comme l’une des pionnières de la démocratie participative en France, la philosophe Joëlle Zask 1 propose dans son ouvrage « Ecologie et démocratie » une approche à contre-courant de la pensée commune : face au constat d’une « démocratie en panne » et aux lourdes menaces pesant sur l’environnement, elle définit en effet l’urgence : « comprendre que l’écologie et la démocratie sont sœurs ». Contre ceux qui pensent « qu’il y aurait dans l’écologie quelque chose d’élitiste », ou « qu’il faudrait, pour prendre le tournant écologique à temps, avoir recours à des méthodes autoritaires »

Extension du domaine du capital : le néolibéralisme culturel et les infortunes de la gauche

Le titre du dernier livre de Jean-Claude Michéa « Extension du domaine du capital » laisse deviner une critique « marxienne » (centrée sur l’approche de la valeur du travail et non sur la théorisation de la lutte des classes) du capitalisme. Il est complété par un sous-titre un peu sibyllin « le néolibéralisme culturel et les infortunes de la gauche » qui signale la parenté selon lui manifeste entre le gauchisme culturel et le libéralisme économique dans sa forme mondialisée actuelle. Thèse naturellement tenue pour nulle et non avenue par l’ensemble de la gauche et de l’extrême gauche mais qui

Effondrement démographique : le Japon, source d’enseignements ?

Dans le domaine de la démographie, qui est un des facteurs actuels et futurs de déstabilisation des pays dits « développés », le Japon peut-il être un précurseur, pour ne pas dire un exemple ? Sa situation - déclin démographique rapide et vieillissement de la population entrainant une pyramide des âges inquiétante - est-elle transposable aux pays européens, et notamment à la France ? De passage en France, Seiichi Kitayama, sociologue, historien, professeur émérite à l’Université Rikkyo (Saint-Paul’s) de Tokyo est venu partager avec nous ses convictions face à une situation qu’il juge

Nous pourrions tous décarboner sans attendre, grâce aux « Carbones sur factures » !

Nous consommateur, nous entrepreneur, artisan…. Nous fonctionnaire, nous banquier… Nous tous pourrions contribuer à l’indispensable décarbonation de nos vies et de l’atmosphère, sans attendre les grandes décisions de Paris ou de Bruxelles, sans « écologie punitive », sans que nos décisions nous coûtent une fortune alors que nous ne pouvons même pas en mesurer l’effet. Il suffirait que les fournisseurs petits et grands se mettent à indiquer à leurs clients sur leurs factures les émissions de gaz à effet qui ont été nécessaires à sa fabrication. Et le passage aux « carbones sur factures » ou sur

Appel à la résistance de l’esprit

Dans une tribune publiée dans Le Nouvel Obs le 27 juin, Edgar Morin, ancien résistant, sociologue et philosophe, analyse avec lucidité la situation politique chaotique de la France, à quelques jours du premier tour des élections législatives. Au-delà de ce point de vue personnel fort d’une longue expérience (il fêtera ses 103 ans en juillet) porté sur la crise actuelle, qu’il ne faut pas circonscrire à l’Hexagone, mais inscrire dans un contexte mondial de tensions extrêmes pouvant déboucher sur un conflit interplanétaire à partir de points explosifs (ex : Palestine / Israël, Ukraine / Russie

La France en colères, avec Christophe Bourseiller

Avec « la France en Colères », ouvrage instructif fruit d’une décennie de recherche scientifique, Christophe Bourseiller apporte un éclairant témoignage sur les nombreuses formes de radicalité présentes et émergentes. Il fixe l’idée que ces phénomènes et mouvements, non spécifiquement français, ébranlent et disloquent bon nombre de sociétés occidentales. Notons qu’il délivre avec ce dernier opus un nouveau regard et une réponse à un état des lieux antérieur et précurseur remontant à 1989, intitulé « Les ennemis du système ». [i] Plusieurs points saillants ressortent des grandes lignes de son

Les émeutes menacent-elles la démocratie ?

Je reviens sur le lien complexe entre démocratie et révolution, à partir de la présentation que Christophe Bourseiller a faite de son dernier livre " La France en colères" à une matinale du Club des Vigilants, et de l’excellent débat qui a suivi. Les colères ne sont pas nouvelles en France, mais Christophe Bourseiller note qu’elles semblent s’accélérer : d’une fois tous les 10 ans environ dans la seconde moitié du siècle dernier, à une fois tous les 5 ans dans le début de ce siècle. Les colères, prises au sens d’émeutes, sont-elles une menace dirigée contre la démocratie pilotée par des

Capitalisme numérique : la fin de la confiance ?

Mark Hunyadi est professeur de philosophie à l’Université catholique de Louvain. Il a publié son dernier livre, « Faire confiance à la confiance », en août 2023. Il s’agit d’une critique assez radicale de la société technique dont l’intelligence artificielle est une des expressions, fondée en partie sur les thèses du philosophe Marcuse aujourd’hui un peu oublié et sur une analyse fine du rôle des relations de confiance dans la société. Mark Hunyadi met d’abord le projecteur sur l’individualisme moderne où l’individu exprime ses propres fins en construisant un monde à son image. Il jouit pour