Russie

Crimée : l'heure du ressentiment

Un sauvetage réciproque de face est encore possible mais il ne faut pas se leurrer : toutes les observations en provenance de Russie concordent : les Russes, dans leur immense majorité, approuvent l'action menée par Poutine en Crimée. Elle a un goût de revanche après la chute de l'Union soviétique et les déconvenues de la Guerre Froide. Cela ne vient pas du cerveau mais des tripes. Il n'est pas une famille russe qui ne pleure quelques morts pendant la guerre contre l'Allemagne nazie. En 1945, la récompense était venue : les Popov étaient entrés à Berlin; la victoire était au rendez-vous. Mais

Attention ! L'Ukraine n'est pas la Belgique

Les Belges sont des gens raisonnables, ils ont le sens pratique et un penchant pour le compromis. Pourtant, il est bel et bien question d'une scission entre Flamands et Wallons avec Bruxelles comme pomme de discorde. Un problème analogue se pose en Ukraine. L'Est est russophone et de religion purement orthodoxe. L'Ouest ne veut entendre que du pur ukrainien et un grand nombre de ses habitants, les Uniates, reconnaissent l'autorité du Pape. Depuis des siècles, la haine subsiste et l'existence même de la nation peut être considérée comme un miracle. Un miracle avec lequel il ne faut pas faire

Ukraine : un jeu de méchants

Dick Cheney, souvenez-vous ? Le tout puissant vice-président des Etats-Unis, l’homme fort de l’Administration Bush a voulu prolonger l’effondrement soviétique par un isolement de la Russie. Révolution "orange" en Ukraine, révolution des "Roses" en Géorgie ont été aidées pour entourer la Russie d’un voisinage hostile. Vladimir Poutine, un autre méchant, nourri de guerre froide, de pétrole et de gaz, a renversé la situation en réussissant à placer des "amis" à la tête de l’Etat ukrainien et du Gouvernement géorgien. Aujourd’hui, il savoure sa revanche. Mais pour combien de temps ? L’Ukraine a

JO à Sotchi, missiles à Kaliningrad

La Russie a confirmé le déploiement de nouveaux missiles Iskander (SS 26 dans la classification OTAN), d’une portée de 500 Km, dans la région russe de Kaliningrad au bord de la mer baltique. Il s’agit pour le Kremlin de la « réponse » au déploiement d’un système de défense anti-missiles, par les Etats-Unis, en Europe. Des missiles pointés sur l’Europe (qui d’autre avec une portée de 500 km ?) face à un système d’interception dont l’objectif affiché est de protéger les Etats-Unis et leurs alliés de la menace iranienne : en apparence, la « réponse » est sans rapport avec la « question ». La

Ukraine : les européens n’ont plus envie d’élargissement

Les citoyens de l’Union Européenne n’ont plus envie d’élargissement, en tout cas pour le moment, et leurs dirigeants pas beaucoup plus. C’est une des leçons de la crise qui oppose une partie du peuple ukrainien à son Président accusé de vendre son pays à la Russie plutôt que de finaliser le rapprochement négocié avec l’Union Européenne. En d’autres temps la vision de la foule ukrainienne manifestant pour exiger le rapprochement avec l’Europe de l’Ouest aurait déclenché manifestations de soutien, pétitions et autres fortes déclarations en France comme dans d’autres pays européens. Cette fois-ci

Ukraine, le droit des gens

In extremis, le gouvernement ukrainien refuse de signer l’accord d’association avec l’Union européenne. Ce sont les Européens de l’Est, Pologne en tête, qui avaient imposé le partenariat oriental au sommet de l’UE, à Prague, en mai 2009. Il s’agissait pour eux d’une démarche politique pour étendre la présence européenne dans les pays sous influence russe depuis la chute de l’URSS. Pour l’Ouest de l’Europe les choses étaient moins claires. Aujourd’hui les autorités françaises sont silencieuses, leur réaction est un mélange de soulagement, d’indifférence et de fatalisme. La décision du

Vers un prochain « Nouveau Moyen Orient »

Par delà l’horreur syrienne et l’apparente probabilité d’un embrasement contagieux, se profile, depuis plusieurs mois, la possibilité d’une réconciliation entre les Etats-Unis et l’Iran. A la mi-avril, puis début juin, Vigilances 104 ( Etats-Unis/Israël/Iran : trois faits, une hypothèse), et Vigilances 105 ( La Syrie n’est que le détonateur) ont recensé plusieurs indices pointant dans cette direction et susceptibles de conduire à une reconfiguration de toute la région. La désormais célèbre conversation téléphonique du vendredi 27 septembre de 14h30 à 14h45 entre Obama et Rohani constitue, à

L’évènement le plus important de l’été

Quel est pour vous l’évènement le plus important de l’été ? Faute d’évolution décisive de la crise européenne et du drame syrien, c’est à mon avis l’entrée de la Russie à l’ OMC (Organisation Mondiale du Commerce), devenue effective le 22 août. D’apparence horriblement technique, sous commenté par les politiques, sous couvert par les média, c’est le tournant le plus porteur d’avenir. Après des années de négociations, c’est sans doute le pari le plus important que Vladimir Poutine ait jamais fait. Oublions les « détails », rythme de baisse des droits d’importation et autre périodes de

Poutine se Berlusconise

L’éveil revendicatif de la frange la plus éduquée de la société civile russe a été vécu par certains observateurs comme une surprise. Nicolas Baverez va jusqu’à écrire, dans Le Monde daté du 10 janvier 2012, que l’« entrée en résistance » s’est effectuée « contre toute attente ». Les signes avant coureurs, pourtant, ne manquaient pas. Dès l’été 2011, un sondage réalisé par l’Institut VTsIOM signalait que 39% des jeunes âgés de 18 à 24 ans rêvaient de s’installer à l’étranger et que les plus déterminés étaient les plus diplômés. Vigilances en déduisait que ceux qui resteraient (c’est-à-dire la

Russie : dangereuse chorégraphie

Samedi 24 septembre : les délégués du parti Russie-Unie sont réunis en congrès au stade Luzhniki à Moscou. Le Président, Dimitri Medvedev, annonce que le Premier ministre, Vladimir Vladimirovitch Poutine, sera candidat aux élections présidentielles de mars 2012 et demande qu’on le soutienne. Les 11.000 membres présents se lèvent et applaudissent. L’ex et futur président remercie et affirme qu’un « accord sur ce qui devrait être fait » était intervenu entre Medvedev et lui « il y a plusieurs années ». Vrai ou pas vrai ? Aucune enquête sérieuse n’est disponible pour mesurer ce que pense l