Russie

Enfin une bonne nouvelle !

La Russie et l’Ukraine ont fini par s’entendre sur le sort de la Crimée. Cette péninsule, nominalement ukrainienne depuis 1954, est peuplée à deux tiers par des Russes. Le Kremlin aurait pu chercher querelle ne serait-ce que pour conserver la base navale de Sébastopol pour sa Marine. Moyennant une remise sur le prix du gaz vendu à l’Ukraine, le bail qui devait expirer en 2017, a été prolongé jusqu’en 2042. Pour tous ceux qui redoutaient un conflit de type géorgien entre la Russie et l’Ukraine, c’est une excellente nouvelle. L’accord est, cependant, boudé non seulement par l’opposition

Russie : le cul entre deux âges

La Russie est-elle un « grand pays émergent » ? Son retard économique et ses ressources naturelles pourraient le faire croire. Pourtant, il n’en est rien. La Russie est un vieux pays qui a beaucoup souffert . En 1904, il a été battu par un émergent de l’époque, le Japon. Après, il a connu deux guerres mondiales, la dictature communiste, des dizaines de millions de morts et la dislocation de l’empire. Le peuple est fatigué, les gens aspirent à un minimum de confort et dépensent le peu qu’ils gagnent tandis que des élites de pacotille mènent grand train.   Ce mode de vie consommatoire n’est pas

Les deux errements de Poutine

Quand Gorbatchev a pris les commandes de l’Union Soviétique, le pays était au bord de la ruine. Loin de redresser cette « entreprise en difficulté », le nouveau patron l’a menée à la faillite. Arrive alors Eltsine qui achève la démolition en se séparant des filiales : adieu l’Empire, retour à la case Russie. Poutine, héritier du désastre, doit tenter un nouveau départ . La révolte tchétchène est un handicap. La hausse des prix du pétrole et du gaz est un atout. Il n’a que partiellement surmonté le handicap ; et il a partiellement dilapidé l’atout.   Ø   La rébellion tchétchène a été matée mais

Attention : Russie faible

C’est dans une Allemagne rongée par l’inflation que le nazisme a pris corps. Bien sot qui se réjouirait aujourd’hui d’une Russie affaiblie. La tentation existe. Le Rouble plonge, les capitaux fuient, les mécontentements s’accumulent. Pourquoi ne pas en profiter pour se venger de la morgue poutinienne ? Ce serait oublier que la Russie est assise sur plus cinq mille armes nucléaires et que des nationalistes humiliés peuvent se révéler plus dangereux que des communistes installés.   Poutine, pour l’instant, plaide la coopération . Au récent Forum de Davos, il était tout miel. Après avoir risqué

Le test ukrainien

L’Ukraine n’est pas un pays ordinaire. Une partie de sa population louche vers l’Ouest, une autre louche vers l’Est, une troisième, en Crimée, est à peine ukrainienne. Le tout finira par éclater si l’Union Européenne et la Russie ne créent pas un partenariat paneuropéen permettant à l’Ukraine de servir de passerelle au lieu d’alimenter la discorde . Le conflit du gaz ne fait que souligner l’urgence du problème.

Une autre perception de la société russe

Les enjeux politiques et le problème du gaz conduisent à se poser avec de plus en plus d’acuité la question : où va la société russe ? En restons-nous aux perceptions habituelles : baisse catastrophique de la natalité, augmentation du taux de mortalité précoce, alcoolisme généralisé, extension des réseaux mafieux, pouvoir exorbitant des oligarques ou peut-on être amené à avoir un autre regard sur la société russe en émergence… ? Après avoir beaucoup travaillé dans ce pays depuis longtemps et particulièrement de 1990 à 2000, je suis frappée aujourd’hui, de la fureur de vivre, du dynamisme d’une

Urgences de paix

La crise financière mondiale propage la misère et rend les peuples nerveux. N’importe quel conflit peut s’envenimer. Si les grandes puissances n’apaisent pas leurs querelles, elles sèmeront la guerre.  L’affrontement Inde/Pakistan, aiguisé par les conflits entre Pakistanais, est une première urgence . Ces deux puissances nucléaires risquent d’en découdre. Leur rivalité exacerbe, en outre, les tensions en Afghanistan.    L’opposition Etats-Unis/Iran est une seconde urgence . Une intervention américaine aurait des conséquences tragiques (voir le document du Club émanant du groupe de travail

Défi caucasien

Au lieu de s’en plaindre, il faudrait se féliciter que la Russie s’enrichisse grâce au pétrole, au gaz, aux métaux et bientôt aux céréales. Ce pays a vécu la descente aux enfers de l’ex-URSS comme une défaite suivie d’humiliations. L’Allemagne des années 30 nous a montré comment un grand peuple peut réagir lorsqu’il se sent humilié et qu’il est appauvri. Poutine est coriace mais pas fou. Ses moyens sont contestables, son cynisme évident mais, dans sa Russie, il n’y a plus de goulags et il ne viendrait à l’idée de personne d’y créer des camps d’extermination. Il est normal que cette Russie là

Europe schizophrène

Les Russes traînent les pieds pour quitter la Géorgie en attendant que leurs propres agissements de "purification" ethnique soient complétés par le départ volontaire, de désespoir, de tous les Géorgiens de l’Ossétie et de l'Abkhazie, microscopiques entités qui ne vont pas tarder à exiger un jour ou l'autre que la communauté internationale reconnaisse leur "indépendance". Pauvre Europe dans ce cas précis ! La reconnaissance du Kosovo était à l'évidence la porte ouverte aux événements de Géorgie. D'autre part comment être schizophrène en ayant simultanément deux grands principes antagonistes à

La politique du mieux

Quelle politique adopter à l’égard de Dmitri Medvedev ? A en croire la plupart des commentateurs occidentaux, le nouveau Président de la Russie ne serait qu’un pantin dont son prédécesseur tirerait les ficelles. Le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, ne voit pas les choses ainsi et a tenu à être le premier à rendre visite au jeune occupant du Kremlin. Il n’ignore, certes pas, que si Poutine le voulait, il pourrait empêcher Medvedev d’agir. Mais pourquoi le voudrait-il ? Avec ses amis Kgbistes, il a mis de l’ordre en Russie et doit maintenant aider Medvedev à