Finance

Crises financières à répétition : que peut-on faire en France ?

Nous vivons la crise économique la plus sévère de l’après-guerre. Le comportement de certaines banques n’y est pas pour rien. Pourtant, aucun débat de fond ne se profile à l’horizon, en particulier en France, et tout, ou presque, continue comme avant. Partout ailleurs, particulièrement dans le monde anglo-saxon, qui a une lourde responsabilité dans la crise actuelle, le débat sur le bien fondé de la séparation des activités de dépôt et de crédit des activités de marché dans les banques fait rage. Rien de tel en France où le verrouillage est complet. Dernier exemple en date de ce verrouillage

Le jour où Apple annoncera l’ouverture de sa iBank ...

Nous nous intéressons au Club à la fois aux banques et aux nouvelles technologies : deux secteurs où des mastodontes arrivent souvent à écraser la concurrence. Je signale ce billet qui vient de paraître dans Economie Matin et qui imagine que ces mastodontes s’attaquent demain les uns les autres. C’est très tonique, comme l’auteur Jean-Michel Billaut dont je recommande le blog : http://billaut.typepad.com/ Le jour où Apple annoncera l’ouverture de sa iBank ... … Il aura dès le lendemain 40 millions de clients, ce qui est beaucoup plus que le nombre de clients qu’ont la plupart des banques

Euro : la BCE met les gouvernements au défi

En novembre 2011, alors que Mario Draghi venait de remplacer Jean-Claude Trichet, Vigilances écrivait : « Comme il faudrait une gouvernance européenne et que, pour l’instant, il n’y en a pas, c’est la Banque Centrale qui, pour une période encore indéfinie, devra agir ... Tel Atlas qui portait le monde sur ses épaules, Mario Draghi devra porter l’Europe. Rarement responsabilité si grande aura pesé sur un homme si seul ». Dix mois plus tard, l’éminent ancien élève des Jésuites italiens est parvenu à concilier l’étroitesse des statuts de la BCE avec la volonté de faire survivre la monnaie unique

Banques : vous avez dit suspect ?

Dans l’époque un peu chaotique que nous traversons, tous les signaux faibles sont sans doute à écouter ! Que penser de celui-ci extrait de la Lettre financière de Simone Wapler ? La banque espagnole Bankia es t jugée non systémique. En jargon, « systémique » signifie que sa faillite n’entraînera pas d’autres faillites. Nous ne demandons qu’à croire nos banquiers européens et leurs belles paroles sur l’état de leurs établissements respectifs, mais il faudrait qu’on nous explique : Pourquoi les taux courts sur les emprunts d’État sont-ils négatifs ? Ce qui signifie que les zinzins (investisseurs

Notations financières : pas de triple A pour l’Institut Montaigne

L'Institut Montaigne vient d’avancer six propositions pour réduire le poids des agences de notation dans les décisions économiques. Le constat sur lequel s’appuient ces propositions est très juste : le monde financier est drogué aux notations d’agences, auxquelles les pouvoirs publics ont donné trop de poids. Elles déresponsabilisent banques et investisseurs, et rajoutent du mimétisme dans des marchés déjà rongés par l’amplitude croissante des cycles, quand les agents économiques, tous en même temps, basculent d’un côté ou de l’autre du pessimisme, multipliant et aggravant les crises. Les

Alexander Hamilton et la crise de l’euro

L’histoire des débuts des Etats-Unis peut-elle offrir une solution à la crise très immédiate de la zone euro ? Avec la formation du nouveau gouvernement américain sous l’égide de la Constitution (dans l’année historique de 1789 il ne faut pas oublier), les Pères Fondateurs faisaient face à des dettes non négligeables héritées des 13 Etats issus de la guerre révolutionnaire. La solution brillante du premier Ministre des Finances américain, Alexander Hamilton, était de lancer un Fonds d’amortissement (“Sinking Fund”). En effaçant ces dettes héritées de la période de la révolution, cet acte

Pas de croissance européenne sans un minimum de fédéralisme

Dans le dialogue de sourds entre la France et l’Allemagne, Hollande a remplacé Sarkozy, mais une chose ne change pas. La France fait toujours mine de ne pas entendre ce qu’on lui crie : rien ne sera résolu en Europe tant que les Européens, Français en tête, n’accepteront pas plus de fédéralisme donc d’abdication d’une partie de leur souveraineté au profit de l’Union. Ne parlons même pas du sauvetage de la Grèce ou de l’Espagne, de la règle d’or, du traité ni des euro bonds. Prenons le « petit » exemple le plus concret, les espoirs fondés sur la BEI (Banque Européenne d’Investissement) pour

De la guerre des taux au « Malign Neglect »

Les Etats occidentaux sont tous endettés et doivent se refinancer périodiquement. Moins cela coûte cher, mieux cela vaut pour eux. La tornade des marchés les met en concurrence. L’Allemagne se refinance à bon compte parce que son économie s’est redressée et paraît saine. Les Etats-Unis arrivent à un résultat comparable pour des raisons différentes : si leurs emprunts publics se placent facilement, c’est moins pour des motifs économiques que parce que les investisseurs ont tendance à placer leur argent là où le risque géopolitique paraît le plus faible. De là à rechercher ce que Poutine nomme «

Vous avez dit « toxicité » ?

Prêteriez-vous de l’argent à quelqu’un dont le déficit est de 33% de son revenu annuel et la dette cinq fois ce même revenu ? Certainement pas, même à un taux usuraire. Pourtant, de tels emprunteurs existent, le plus proche de nous étant notre Etat français: 270 Milliards € de recettes annuelles pour 370 de dépenses, une dette voisine de 1 400 Md€. Malgré cela, comme ses voisins, il trouve encore à se sur-endetter sur les marchés financiers, et à des taux d’intérêt voisins de 3% l’an, dans des opérations appelées pudiquement « placements », qui sont bel et bien des emprunts. Cette anomalie a

Donner du sens à la finance

Les lecteurs de Vigilances ont reçu en primeur le rapport du groupe de travail piloté par Jean-Claude Leconte. Leurs commentaires sont d’autant plus attendus que ce « Manifeste d’investisseurs responsables [1] » ne doit pas seulement être l’aboutissement d’une réflexion : il faut maintenant s’efforcer de changer les pratiques. Une phrase qui figure dans le rapport et une autre, qui a été énoncée lors d’une discussion préalable, m’ont particulièrement frappées. La première est existentielle (« il est nécessaire de donner une perspective de long terme à nos raisonnements économiques. C’est une