Finance

Europe : ça va tanguer

Pilotages budgétaires, investissements industriels, compétitivité, croissance, sentiments populaires, échéances électorales n’évoluent nulle part au même rythme. Dans la zone Euro, les décalages sont devenus tels que les prochains mois s’annoncent particulièrement chaotiques. D’ici aux élections législatives allemandes prévues en septembre de cette année, rien de fondamentalement nouveau ne pourra être mis en œuvre. La BCE amortira les chocs en distribuant des liquidités et, sans doute, en abaissant son taux d’intérêt directeur. Cela n’empêchera pas les réactions anti austérité de se durcir et

Allemagne : le tropisme industriel

Pendant que des manifestations contre l’austérité se multiplient en Europe, l’Allemagne affirme tranquillement sa domination industrielle et donne, avec bonne conscience, des leçons de discipline. Les Grecs, les Portugais, les Espagnols, les Italiens (et les Français ?) doivent payer le prix de leur insouciance. Le Mark a été fort, l’Euro doit l’être aussi. Est-ce la faute aux bons élèves si les autres ne suivent pas ? Le raisonnement se tient mais les « bons élèves » oublient qu’ils ont été aidés par leurs parents et même leurs grands-parents. Il y a exactement un siècle, en 1913, l’industrie

Davos se saisit du long terme

Le souci du long terme est l'un des thèmes centraux du Forum Economique Mondial, qui s'est ouvert à Davos la semaine dernière. Il se décline dans la liste des risques majeurs auxquels le monde est exposé, tels que : l'accès à l'eau, le changement climatique, une faillite financière globale, les inégalités de revenus. Logiquement, les solutions pour y faire face supposent des arbitrages de long terme, au nombre desquels : les investissements en infrastructures, un changement de comportement des individus et des communautés, des choix économiques durables.  

Le découpage des grandes banques en question

Deux points de vue divergents publiés dans "Le Monde Eco" du 15 janvier – qui a consacré un dossier à cette question - abordent cette problématique. Le premier de Jérôme Cazes, Président du Club des Vigilants, décrit les raisons qui plaident pour une séparation nette des activités de dépôt et de crédit des activités de marché dans les banques. Il s’inquiète en outre de ce que, cinq ans après le début de la crise, la France a toujours quatre banques "systémiques" qui peuvent faire dérailler le système. Le second de Jean-Paul Chifflet, Président de la Fédération bancaire française (FBF), prend

Non au "Modèle français de banque universelle"

Dans une interview au site lescrises.fr, Bernard Esambert, Président d’honneur du Club des Vigilants et qui, dans sa longue et riche carrière, a été notamment Président de la Compagnie Financière Edmond de Rothschild, affirme clairement son opposition au "modèle français de banque universelle". Et aux dirigeants des banques qui passent leur temps à dire qu’il y a des barrières étanches entre les dépôts des clients et les activités d’investissement, il répond clairement : « Eh bien, s’il y a des barrières aussi étanches que cela, cela veut dire que l’on peut facilement scinder les banques ».  

Non-dit d’une non-réforme

Dans une tribune publiée dans le cercle des Echos sous le titre « Réponse à Karine Berger le projet de loi Moscovici », Jérôme Cazes estime que le projet de loi Moscovici ne remplit aucun des quatre objectifs assignés à la réforme. Une non-réforme en somme. Ce projet traduit, selon lui, un recul certain par rapport à l’engagement de campagne de François Hollande de séparer effectivement les activités de dépôt et de crédit des activités de marché dans les banques. Il est aussi, à ses yeux, moins ambitieux que les réformes anglaise, américaine et européenne.

Scission des banques : une réforme avortée ?

Dans une tribune publiée dans le cercle des Echos sous le titre « Les Français ne méritent pas le projet de réforme bancaire de Pierre Moscovici », Jérôme Cazes, président du Club des Vigilants et partisan déclaré de la séparation des activités de dépôt et de crédit des activités de marché dans les banques, estime que le projet de réforme bancaire qui sera présenté, mercredi 19 décembre, en Conseil des ministres marque une reculade majeure. Sous la pression du lobby bancaire, la réforme menée par Moscovici, cumule, à ses yeux, les défauts des autres réformes, Vickers au Royaume-Uni, Volcker

L'économie mondiale désaccordée

Des politiques centrales laxistes et insouciantes, une dérégulation financière à tous vents, un monde économique ultralibéral à découvert, ont généré, depuis les années 80, un cycle de crédit qui a contribué au développement du commerce international, favorisé l'innovation et l'émergence concurrentielle de nouvelles contrées. Les siècles passés sont pleins d'exemples à l'identique qui se sont toujours conclus par des bouleversements, et des désordres financiers et sociaux. Une fois de plus, le prix à payer a façonné l'éclatement d'une bulle gonflée par les surendettements privés et publics et

Scission des banques : le débat censuré

Le candidat François Hollande promettait un grand débat national sur la séparation des activités de dépôt et de crédit des activités de marché dans les banques. Sept mois après, le Président Hollande semble rétropédaler. En lieu et place du « grand débat national » annoncé, on assiste à une « consultation de place ». Jérôme Cazes, partisan déclaré de la scission des banques, explique dans « Libre propos » sur Canal Xerfi, les raisons de ce recul alors même que le débat se poursuit notamment en Grande Bretagne et aux Etats-Unis. Voir la vidéo (6’57) Lire les autres chroniques de Jérôme Cazes

La BPI, les régions et le pot de confiture

Que la Banque Publique d’Investissement soit créée a relativement peu d’importance, sinon pour satisfaire une promesse de campagne du Président. Elle regroupe des institutions, Oséo et FSI essentiellement, qui ont plutôt fait la preuve de leur utilité en fonctionnant seules. En revanche, il y aurait de quoi s’inquiéter si cela donnait l’occasion aux régions d’obtenir le pouvoir de distribution des fonds qu’elles revendiquent. Rappelons qu’une sérieuse partie de l’endettement et des sinistres bancaires de l’Espagne vient de l’accès trop facile qu’ont eu des régions trop autonomes à ce pot de