Démocratie

L’Algérie de demain devra compter avec les islamistes

L’Algérie vit un « moment historique » depuis que le 22 février des foules d’Algériens ont commencé à descendre pacifiquement dans la rue, vendredi après vendredi, pour demander une vraie démocratie et la fin du système qui gère le pays depuis des décennies. Le Club des Vigilants a eu la chance de pouvoir en discuter le 17 juin (après le 17 ème vendredi de manifestations !) avec Akram Belkaïd, journaliste (au Monde diplomatique et au Quotidien d’Oran notamment) et écrivain ( L’Algérie, un pays empêché, en cent questions - Ed Tallandier). Il est né en Algérie et y a fait ses études. Jamais la

Le CESE, au coeur des enjeux démocratiques

A la veille de l’organisation au sein du Conseil économique social et environnemental (CESE) de la première Convention citoyenne climatique annoncée à l’issue du Grand Débat National, de véritables voies de revitalisation de notre démocratie s’ouvrent. Et le CESE apparaît au cœur de cette dynamique. 3 ème assemblée constitutionnelle, à vocation consultative, il représente la société civile organisée au travers des 80 organisations dont sont issus les membres qui la composent. Depuis un peu plus de trois ans, Patrick Bernasconi, son président, a engagé un vaste programme de réforme, dans le

Rwanda : la question de la bêtise

Faudra-t-il attendre vingt-cinq ans de plus pour que les autorités françaises consentent à s’exprimer en responsabilité sur le rôle joué par la France au Rwanda avant et pendant le génocide des Tutsi en 1994 ? On peut le redouter tant les exemples historiques tendent à montrer que deux générations, au moins, sont nécessaires. La reconnaissance des crimes de Vichy (50 ans), récemment la vérité sur l’affaire Audin (50 ans) ou encore les déclarations du président de la République d’Allemagne sur la responsabilité de son pays dans le génocide des Arméniens (100 ans), souvent citées comme les

Après le Grand débat ?

Hervé Chaygneaud-Dupuy, spécialiste de l’innovation sociétale et de la prospective, auteur de « Citoyen pour quoi faire ? Construire une démocratie sociétale », paru en 2016, a écrit cet article pour son blog où il livre régulièrement ses observations sur la vie politique française. Ses réflexions et propositions nous semblent particulièrement intéressantes à relayer, en écho avec les réflexions du Club autour de l'enjeu « rénover la démocratie ». Deux mois de Grand débat, un mois pour tirer les conclusions : la presse trouve le temps long ! Que l’on sorte pour une fois de la précipitation

Raymond Aron pour y voir clair

Récemment Raymond Aron était à la une d’un grand hebdomadaire et un Abécédaire vient de lui être consacré par les éditions de l’Observatoire. Rien d’étonnant dans cette capacité à faire l’actualité dans le contexte de crise que nous connaissons : Aron s’est inlassablement interrogé sur les grands problèmes du pouvoir et de la démocratie, sous leur forme historique et éternelle. La société industrielle fut son moment historique. Il aurait été passionné par l’ère digitale et mondialisée, notre moment, où les problèmes éternels mutent dans des formes nouvelles qu’il nous importe de comprendre et

Europe : l'adhésion populaire toujours intacte !

Une Europe qui reste le cadre le plus abouti pour la défense des droits et des libertés individuelles, une Europe à laquelle les peuples sont plus attachés qu'on ne le croit, une Europe qui a su se montrer résiliente face aux crises et qui s'est adaptée, une Europe qu'on pourrait facilement rendre plus démocratique et plus efficace dans sa prise de décision, voilà en substance le message que nous a délivré Guillaume Klossa 1, lors de son intervention dans une Matinale du Club. L'Europe, rappelle Guillaume Klossa en préambule, s'est surtout construite autour de « droits fondamentaux » (dignité

Réinventons la démocratie pour ne pas céder au désarroi !

Ce ne pourrait n’être qu’une surprise, à la fois bonne et mauvaise, c’est de l’inédit en tout cas. Quelques centaines de milliers de Français, qui souffrent dans leur vie quotidienne et se sentent ignorés de ceux « d’en haut » expriment leurs souffrances par des manifestations répétées et crient leurs revendications. Signe que ces Français ne sont pas des « veaux » enfermés dans leur individualisme, qu’ils croient à la politique, qu’ils veulent la réinventer. Toute demande de changement venant de la base est à prendre au sérieux dans une démocratie, même si elle engendre désordres et

Comment meurent les démocraties

Jean-Claude Hazera vient de publier « Comment meurent les démocraties » chez Odile Jacob, essai historique dans lequel il analyse ce qui s'est passé entre les 2 guerres mondiales en Allemagne, en Italie, en Espagne, en France et aux Etats-Unis. Sauf dans ce dernier cas, la démocratie y a fait place à des régimes fascistes. Pourquoi ? Et quelles sont les leçons à tirer pour comprendre comment meurent les démocraties ? Jean-Claude Hazera commence par observer que, selon lui, la crise économique de 1929 et le chômage de masse qui en a découlé ne sont pas les causes principales de la mort des

Le malheur, une idée neuve en Europe ?

Dans un mouvement à double détente, de la marginalisation des partis traditionnels en 2017 à l’irruption populaire en 2018, la France a rejoint le mouvement de recomposition politique à l’œuvre dans la plupart des pays occidentaux. La diversité des causes immédiates et les idiosyncrasies nationales dans les formes de la crise ne doivent pas masquer l’unité des causes profondes : aucune innovation politique n’a sérieusement répondu aux bouleversements auxquels nos sociétés sont exposées depuis un demi-siècle. Depuis la rupture monétaire de 1971 un nouveau développement du capitalisme, fondé sur

"Comment meurent les démocraties"

Jean-Claude Hazera recherche ce qui a pu expliquer la fin ou au contraire la résilience des grandes démocraties de l’entre-deux-guerres : fin de la démocratie en Allemagne, en Italie, en Espagne et en France, solidité au contraire des Etats-Unis (le Royaume Uni est absent). La qualité de son style et la pertinence de ses sources rendent sa recherche passionnante et sa thèse convaincante : le premier critère de solidité d’une démocratie est son ancienneté et son principal danger le nationalisme nourri d’humiliations. Deux facteurs essentiels ne viennent qu’ensuite. Le premier est la conjoncture