Démocratie

Facebook et la haine en ligne

Comment responsabiliser les réseaux sociaux sur la diffusion de haine ou de fausses nouvelles en ligne, sans leur donner un rôle de juge privé et non démocratique ? Tous les gouvernements démocratiques sont pris dans ce dilemme et une piste intéressante vient des Etats-Unis. Le débat y fait rage depuis la décision des réseaux sociaux de « débrancher » Donald Trump, président en exercice mais battu, après l’avoir laissé gazouiller pendant quatre années et ses deux campagnes. Le débranchement de Trump a été direct par Facebook, Twitter et Google, et indirect par Amazon et Apple, qui ont coupé

Cédric Villani. Science(s), Politique … et Société : des relations complexes

Scientifique mondialement connu depuis la médaille Fields qu’il a obtenue en 2010, personnalité atypique de l’univers politique français, Cédric Villani est un « conteur » [i]. Ce qu’il aime, c’est raconter des histoires qui parlent aux gens, à leurs émotions, avant de s’attacher à « démontrer techniquement » quoi que ce soit. C’est ainsi qu’au début de son intervention (Cédric Villani intervenait lors d’un webinaire du Club intitulé : Science et Politique, un mariage impossible ? ») il nous a d’abord longuement décrit, lui qui a toujours œuvré dans sa carrière scientifique pour un «

Pour agir… soyons abstraits

La crise de la pandémie s’entremêle avec d’autres. Les bases tremblent. Le sentiment de subir nous submerge, l’analyse se brouille, l’action, toujours méritoire, patine. Il y a des tendances lourdes, il faut changer la donne. Première tendance : le renversement de la perspective de Tocqueville, c’est-à-dire l’évolution tendancielle vers la démocratie et la fine lame égalisatrice du système électoral, « un Homme, une voix ». La démocratie occidentale est en compétition avec les oligarchies et les démocraties autoritaires qui réussissent dans la mondialisation, il fallait s’y attendre. La

Adieu les cons, transhumance suicidaire ? Albert Dupontel

Belle interview d’un artiste humaniste qui fait preuve d’une capacité rare de compréhension des « émotions populaires » que beaucoup de nos politiques pourraient (devraient) lui envier. Esprit critique et anxieux face aux évolutions du monde actuel, grand lecteur et cinéphage (l’interview fourmille de références), Dupontel est amené à parler aussi bien du « chaos géopolitique » que de « la parole médiatique » (« aux mains de peu de monde, et ça se voit »). #MeToo, les Gilets jaunes, Black lives matter ? Des « paroles d’opprimés face à des oppresseurs », différentes expressions pour lui de « l

Les nouvelles censures qui nous menacent

Avant on se défendait contre le pouvoir, contre les ennemis de la liberté. Maintenant il faut se défendre contre de nouveaux censeurs, contre « nos amis », contre « le camp du bien ». Cette déclaration est d’Emmanuel Pierrat, célèbre avocat spécialiste du droit d’auteur, lui-même auteur d’innombrables livres et également président du Pen club France. Le cadre : un débat intitulé « nouvelles morales, nouvelles censures », le titre d’un livre de Pierrat, le 15 août en un lieu improbable, l’école des filles, ou plutôt l’ancienne école des filles, à Huelgoat, où la galeriste bretonne et parisienne

Grand confinement : histoire d’une hallucination collective ?

Avant même la fin de la crise commence le temps des bilans. Après avoir rappelé l'historique de la pandémie, celui dressé par Charles-Elie Guzman dans UP Magazine souligne à quel point certains modèles mathématiques sur lesquels se sont appuyés des scientifques pour publier leurs prévisions apocalyptiques étaient faibles, voire faux. Ainsi, le modèle vedette de l'Imperial College, sur la foi duquel l'OMS et certains dirigeants politiques ont préconisé et mis en place un confinement généralisé, a pu être qualifié " d'erreur informatique la plus dévastatrice de tous les temps". Les critiques et

Rwanda, l’effort des archives

Il y a un an le président de la République confiait à l’historien Vincent Duclert la présidence d’ une commission chargée de consulter l’ensemble des fonds d’archives français relatives à la période 1990-1994. Le rapport attendu en avril 2021 (le confinement pourrait en décider autrement) doit analyser le rôle et l’engagement de la France et renouveler l’analyse historique sur les causes, conjoncturelles et profondes, du génocide des Tutsi. Depuis vingt-cinq ans beaucoup de faits ont été documentés et les conséquences de la politique française sont connues. Les cinq années retenues couvrent

Éradiquer la grande pauvreté, c'est possible !

Cette question, le CESE se l’est posée dès 1987 avec Joseph Wresinski, puis en 1995 avec Geneviève Anthonioz de Gaulle et les avis formulés alors sont à l’origine de la création du RMI et de la couverture médicale universelle. Aujourd’hui, le nombre de pauvres reste important en France, et le CESE, voix de la société civile, formule de nouvelles recommandations. Mais comment estimer le nombre de personnes pauvres ? Il existe plusieurs méthodes : « pauvreté monétaire » en dessous de 60% du revenu médian, « pauvreté de niveau de vie », liée aux conditions de vie, « pauvreté absolue » au dessous

Le CESE, incubateur de démocratie participative

Le Conseil Economique Social et Environnemental - CESE, troisième assemblée constitutionnelle française, est peut-être en train de changer le visage de notre « vieille » démocratie sans que beaucoup en prennent pleinement conscience. Cette institution encore trop méconnue a en effet engagé depuis quelques années un processus susceptible de métamorphoser notre vieille « démocratie représentative, bureaucratique et hiérarchique » évoquée par Alain de Vulpian dans « Eloge de la métamorphose ». Le CESE a été conçu dès le départ pour constituer le trait d’union entre la « société civile organisée »

Débat public, la leçon de Rousseau

Dans la troisième Rêverie du promeneur solitaire Rousseau revient sur l’élaboration de ses idées. Il évoque un assentiment intérieur : il est dans le vrai parce qu’il voit que ses idées sont justes, au sens de la justice et de la logique. De cette façon il soustrait sa réflexion (et sa sensibilité exacerbée) au débat public dont il fustige l’inanité et la méchanceté stérile, un débat où dominent des égos indifférents à la recherche de la vérité. C’est parce qu’il sut préserver sa vérité intérieure de la stérilité ambiante que Rousseau put produire son grand système. On lui doit la révolution