Ukraine

Ukraine, réflexions et questions à chaud - V

La première manche s’achève. Les rapports de force apparaissent plus clairement, les erreurs et les insuffisances aussi. Les forces russes se repositionnent pour se saisir du sud et de l’est de l’Ukraine. Elles détruisent tout ce qui est à leur portée. Leurs crimes de guerre révèlent la double nature du régime : une perversité qui fait s’acharner sur ce qu’on ne peut posséder et une rationalité cynique qui utilise la terreur comme instrument de soumission, sans jamais l’admettre. Le pouvoir russe niera les crimes de Boutcha comme il finasse depuis des décennies avec ceux de Katyn. Les Etats

Ukraine, réflexions et questions à chaud IV

1. La guerre. Les soldats russes commencent à enterrer leurs positions. Les renseignements concordent pour dire qu’ils sont de moins en moins à la manœuvre. Les officiels disent, c’est nouveau, vouloir « se concentrer sur l’Est ». Les Ukrainiens les tiennent en respect mais ils n’inverseront pas la situation . En termes militaires le conflit évolue vers une impasse, un mauvais scénario. L’Ukraine refusera de perdre les territoires occupés, la Russie refusera de reculer, la question des réparations hantera toutes les discussions. On risque un pourrissement « façon Donbass ». L’armée russe fait

Ukraine, réflexions et questions à chaud. III

1. La guerre. Raymond Aron rappelait qu’il faut toujours observer comment les Hommes font la guerre, cela en dit long sur ce qu’ils sont et là où ils en sont. Les observateurs compétents sont formels : depuis le début de l’invasion, l’armée russe n’a pas tiré une seule munition guidée. Pour beaucoup, les projectiles sont de l’époque soviétique. La technique de bombardement est sommaire et dévastatrice pour les civils. De l’autre côté, les agences de renseignement américaines mettent à disposition des forces ukrainiennes, plusieurs fois par heure, leur énorme capacité d’observation et de

Ukraine, réflexions et questions à chaud. II

1. La guerre, la guerre toujours recommencée ! Ce n’est évident pas l’original du vers de Paul Valery [1]. Entendre sa belle musique allitérée ainsi détournée dit à la fois l’évidence de la guerre maintenant qu’elle est là et sa laideur. La guerre corrompt tout, elle recouvre le monde d’effroi là où la poésie nous rappelle qu’il faut tenter de vivre. 2. Encore une fois, reprendre Clausewitz. Toute guerre est d’abord une épreuve de volonté. Les formes de la guerre sont multiples et ses apparences trompeuses. Revenir à son essence comme le fait le stratège prussien permet de cerner la dynamique

Ukraine, réflexions et questions à chaud.

1. Tout, dans une approche rationnelle, conduisait à ne pas faire la guerre. Poutine avait brillamment exécuté sa manœuvre pour entrer en négociation en position de force : supériorité militaire, alliés occidentaux loin d’être alignés, arme ultime de l’énergie... Une négociation de bonne volonté aurait apporté des gains à la Russie, c’était loin d’être négligeable. C’est l’émotion qui a gagné. L’obsession d’un dirigeant ressassée pendant des années, aggravée par son isolement (récemment sanitaire) et qui finit par exploser. Puis vient l’hubris : Poutine et ses acolytes menaçant la terre