Economie

Un peu plus d’humanité dans les algorithmes s'il vous plaît

Uber, Amazon et autres Deliveroo sont des aubaines pour les consommateurs. Mais le management de leurs collaborateurs évoque un taylorisme numérique qui devrait poser question aux citoyens et aux êtres humains que nous sommes. Selon l’institut de l’interaction homme-machine de l’université américaine Carnegie-Mellon, le « management algorithmique » est l’innovation à la base de l’économie numérique. Dans ce type d’économie, les collaborateurs ne sont pas encadrés par un supérieur hiérarchique mais par un algorithme en contact avec eux par l’intermédiaire de leur smartphone. Pour des sociétés

L’égalitarisme, source de pauvreté

Pour comprendre ce phénomène, il faut revenir en arrière : au moment de la Révolution, quand les principes de la République sont adoptés [ 1], les Français, et en particulier la bourgeoisie et le Tiers état, sont obnubilés par l’existence de l’aristocratie, voire par les privilèges du clergé. La question posée est celle de l’égalité des chances. Comment installer une méritocratie qui ne soit plus basée sur le sang « bleu » ? La réponse de l’époque fut de lever l’interdit lié à la filiation, socle de la noblesse. L’époque révolutionnaire et le Premier Empire concrétiseront au moins

Pour diminuer l’avidité des dirigeants, changeons ce qui les rend heureux

Le grand patron indien Narayana Murthy propose une idée forte pour diminuer les rémunérations scandaleuses des dirigeants d’entreprise et les inégalités qu’elles donnent en spectacle. Il faut modifier ce qui, dans leur esprit, les rend heureux, leur attire le respect et la considération de leur entourage. Aujourd’hui c’est trop exclusivement l’argent. Voici, en substance, l’idée forte développée par le co-fondateur et patron depuis de longues années de la célèbre entreprise informatique indienne Infosys, le 14 septembre à Paris, au cours de la conférence de rentrée du cycle sur l’éthique du

Epargne et investissement : la solution est politique

La barre des 10 000 milliards de dollars de dettes publiques qui s’échangent à des taux négatifs a été franchie. En termes de causes les choses semblent assez simples : cette épargne est mal rémunérée faute de trouver des investissements créateurs de valeur ajoutée. La BCE s’emploie pourtant à canaliser l’épargne vers l’investissement. En achetant la dette publique elle chasse les banques commerciales de cette zone de confort en espérant qu’elles iront exercer leur métier de préteurs sur le terrain plus risqué de l’investissement productif, source de la croissance et de l’emploi. Les banques

S'adapter à la croissance lente : nos sept recommandations

Un groupe de travail du Club des Vigilants a réfléchi sur les adaptations qui vont être nécessaires si la croissance lente s'installe, comme cela semble être le cas. Voir l'analyse intégrale du Club. De cette analyse il a déduit que sept actions prioritaires s’imposent à nos sociétés si elles veulent vivre bien avec des moyens qui ne s’accroissent plus au même rythme (Voir le document ci-joint).

S’adapter à la croissance lente : l’analyse des Vigilants

Il faut traiter le ralentissement de la croissance un peu comme le changement climatique. Ce n’est pas un objectif. Il faut juste reconnaître qu’une tendance de moyen terme semble durablement installée. Alors il faut en mesurer les conséquences ‑ pas toutes négatives ‑ et réfléchir aux adaptations qui s’imposeront. Le meilleur moyen de ne pas la subir c’est d’oser la regarder en face. Les conclusions et recommandations qui suivent (voir texte intégral en PDF) résument les échanges menés pendant un an par un groupe de réflexion du Club des Vigilants. Elles concernent d’abord la France mais

G. Giraud : la malédiction du Club de Rome va s’accomplir, sauf…

Le Club de Rome a été très célèbre dans les années 70 du XXe siècle lorsqu’il publia son rapport catastrophiste sur Les limites de la croissance. Gaël Giraud est un brillant économiste qui intervenait le 1er juin dans le cadre du cycle de conférences sur l’éthique du libéralisme organisé par notre ami Bernard Esambert. Gaël Giraud est économiste en chef de l’Agence Française de Développement et… jésuite. D’emblée, il a abordé l’éthique du libéralisme comme une question d’éthique collective et non pas d’éthique individuelle. Et il a dit que le principal défi que nous devons affronter

Negative interest rate, the silent revolution

Recently the German minister for finance Wolfgang Schaüble has criticized the European Central Bank: “the policy of zero interest rates is an attack on the savings of millions of Germans who have put their money in savings accounts or life insurance”. He implies this is to blame for the rise of the euro-sceptic “Alternative for Germany” Party. Concretely, the minister takes aim at the ECB’s zero reference rate and negative deposit rate (-0,4%). The Central Bank has chosen this policy of negative rates. By penalizing deposits, it pushes the commercial banks to recycle them into credit favorable

Intérêts négatifs, la révolution silencieuse.

Le ministre allemand des finances a violemment pris à parti la BCE : « la politique des taux d’intérêt nuls est une attaque contre la fortune de millions d’Allemands qui ont placé leur argent sur des comptes d’épargne ou en assurance vie ». Il lui impute la responsabilité de la montée du parti eurosceptique Alternative pour l’Allemagne. Concrètement, le ministre vise le taux directeur nul et le taux de dépôt négatif (-0,4%) de la BCE. Cette politique de taux négatifs est voulue par la banque centrale. En pénalisant leurs dépôts elle pousse les banques commerciales à les recycler sous forme de

L’éthique de la globalisation exige la connaissance des autres

L’ancien Directeur de l’OMC était l’orateur du cycle sur l’éthique du libéralisme de la Fondation Ethique et Economie, co-fondée par Bernard Esambert. Pascal Lamy rappelle les 2 approches principales qui régissent la question des relations internationales : l’ approche westphalienne qui défend l’idée de relations entre Etats souverains ayant chacun leur éthique (« cujus regio, ejus religio ») et conduit à juxtaposer de la façon la moins mauvaise possible ces éthiques nationales, et l’ approche cosmopolitique selon laquelle il y aurait une « morale universelle ». En pratique, le droit