Afrique

Explosion africaine

Environ un être humain sur sept est, aujourd’hui, Africain. En 2050, cela devrait être un sur trois. Difficile d’imaginer plus grand bouleversement. Le phénomène est en phase d’accélération : la mortalité infantile diminue ; et les femmes, contrairement à ce qui se passe presque partout ailleurs, continuent à faire beaucoup d’enfants. L’âge moyen (les démographes préfèrent parler d’âge médian) des Africains actuellement en vie est d’environ 20 ans ... un bon âge pour la procréation ! A titre de comparaison, l’âge médian en Europe est d’environ 40 ans. Partant de ces données, certains

La Côte d’Ivoire, test de l’efficacité des sanctions économiques

Le bras de fer en cours entre Alassane Ouattara, président élu de Côte d’Ivoire, et Laurent Gbagbo qui ne veut pas lui céder son fauteuil constitue un test intéressant de l’efficacité des sanctions économiques. Gbagbo est en effet sommé de partir par toute la communauté internationale. En principe l’Union Monétaire de l’Afrique de l’Ouest lui a coupé la planche à billets du franc CFA et Ouattara a demandé aux exportateurs de ne pas enlever le cacao donc de ne pas payer le droit unique de sortie, taxe à l’exportation de la principale ressource naturelle du pays et principale ressource du Trésor

Le test soudanais

Pour que l’opinion occidentale s’intéresse à des évènements survenus au loin, il faut pouvoir répondre à trois questions : Pourquoi est-ce important ? En quoi cela nous concerne ? Qu’est-ce qu’on y peut ? Des chapes de silence s’abattent ainsi sur des peuples martyrisés. Ce fut longtemps le cas au Soudan où les musulmans arabes du Nord traitaient les musulmans noirs du Darfour comme du bétail et considéraient les animistes (ou chrétiens) du Sud comme des esclaves. La donne est maintenant changée. La partition du pays, qui va résulter du référendum en cours, est un évènement d’une grande

Congo : coupable indifférence

Si une personnalité est renversée par une voiture ou brusquement terrassée par une défaillance cardiaque c’est une « info » dont les médias s’emparent. Si cette même personnalité souffre de ce que l’on appelle pudiquement une « longue maladie », un silence durable s’installe et conduit à l’oubli. Il en va de même pour les grandes catastrophes. Un tremblement de terre à Haïti (environ 200.000 morts) éveille, à juste titre, la conscience universelle. En revanche, le lent génocide dont sont victimes des populations congolaises (environ 6 millions de morts) passe presque inaperçu. Un journaliste

Main basse sur l’Afrique

Après les matières premières dont regorge le sous-sol africain, les terres arables du continent sont convoitées par un certain nombre d’investisseurs privés et étatiques. La crise alimentaire mondiale de 2007-2008 a servi d’électrochoc. La forte hausse du prix des denrées alimentaires de base a   plongé dans un état de crise certaines régions du monde. Des émeutes ont éclaté dans de nombreux pays pauvres d’Afrique – mais aussi en Chine, en Inde, au Mexique... L’agriculture, mal aimée, se venge et la sécurité alimentaire devient un enjeu stratégique.   On espérait que l’Afrique qui avait tant

Multiplication des « go-between » internationaux

La recherche de compromis qui marchent devient une des grandes affaires de l’époque. I l y a quelques mois, le Kenya, pays prospère et supposé stable a été sur le bord de l’explosion . A la suite d’élections contestées, deux camps politiques s’entretuaient (le parti dominant accusé de fraude électorale et l’opposition, Orange Democratic Movement). Les négociateurs étaient prêts à s’entrégorger. Koffi Annan, ex-secrétaire général de l’ONU, intervenant comme intermédiaire s’est appuyé sur une petite organisation extrêmement discrète et compétente qui a pacifié la négociation, le Centre for

Petites victoires, grande tragédie

Victoire ! « En accord avec le gouvernement somalien » un commando français a capturé dans le désert somalien six des pirates qui avaient pris à l’abordage un bateau de plaisance et retenu en otage tout le personnel de bord. Victoire ! « En accord avec le gouvernement somalien » des missiles américains se sont abattus sur un point précis de la ville de Dhusamareb et ont tué un certain Moalim Aden Hashi Ayro, identifié comme le chef militaire d’Al Qaïda dans le secteur.   De ces faits d’armes, les médias occidentaux se sont faits l’écho mais la Somalie et ses huit millions de pauvres bougres

Boomerang éthiopien

«  Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ; mieux vaudrait un sage ennemi ». Ainsi s’exprimait La Fontaine dans sa célèbre fable où un très gentil ours lance un pavé pour écraser une mouche sur le nez d’un pauvre homme qui n’en demandait pas tant. A supposer - ce qui n’est pas sûr - que Bush ait eu comme principal souci de délivrer le peuple irakien, il s’est comporté comme l’ours de la fable. Et à supposer – ce qui est encore moins sûr – que le Président américain ait cru que la population somalienne était terrorisée par les extrémistes musulmans, il a récidivé. En faisant appel aux

Les Darfour de demain

La guerre du Darfour avec implication du gouvernement soudanais, n’a commencé qu’en 2003 mais ses prémisses remontent aux années 80 quand la sécheresse et l’avancée du désert ont commencé à réduire les quantités d’eau disponibles. Les nomades du Nord (en grande majorité Arabes) et les paysans du Sud (en grande majorité Africains) sont entrés en concurrence. Racisme et politique s’en sont progressivement mêlés. Les carnages ont fait environ 200.000 morts et l’on compte aujourd’hui deux millions de personnes déplacées. Si tout va bien, 26.000 casques bleus vont être bientôt déployés, notamment

Tchad et Centrafrique dans l'oeil du Darfour

Ce qu’on redoutait a fini par arriver. Petit à petit, le conflit au Darfour est en train de prendre une dimension régionale. Aujourd’hui le chaudron soudanais est en train de déborder de ses limites originelles pour s’étendre à d’autres pays. Le premier à être éclaboussé, c’est le Tchad. Et Paris est, encore une fois, appelée à jouer les pompiers. Depuis plus d’un an, une kyrielle de rébellions armées ont pris corps à la lisière du Darfour et donnent du fil à retordre à Idriss Deby Itno. N’Djamena a, dès le début, accusé Khartoum d’être derrière ces rebelles et des violations répétées de l