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Le bras de fer en cours entre Alassane Ouattara, président élu de Côte d’Ivoire, et Laurent Gbagbo qui ne veut pas lui céder son fauteuil constitue
un test intéressant de l’efficacité des sanctions économiques.
Gbagbo est en effet sommé de partir par toute la communauté internationale. En principe l’Union Monétaire de l’Afrique de l’Ouest lui a coupé la planche à billets du franc CFA et Ouattara a demandé aux exportateurs de ne pas enlever le cacao donc de ne pas payer le droit unique de sortie, taxe à l’exportation de la principale ressource naturelle du pays et principale ressource du Trésor Public pour payer fonctionnaires et militaires.
Mercredi 2 février s’exprimait devant la presse diplomatique française,
Ali Coulibaly, le nouvel ambassadeur de Côte d’Ivoire en France qui a du faire venir un serrurier pour prendre possession de son bureau. Il a exprimé l’impatience du camp Ouattara qui plaide clairement pour que « le mal » (Gbagbo) soit extirpé de Côte d’Ivoire par la Force. Il compte pour ce faire sur la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest, c’est à dire, très concrètement, sur l’armée du grand voisin anglophone, le Nigéria. Il ne veut pas pour autant
de bain de sang mais parie sur le fait qu’il suffirait « que deux alphajets se posent à Bouaké » pour que le camp Gbagbo se débande.
Il ne nie pas pour autant l’efficacité que devrait avoir à la longue les sanctions économiques. L’effet de celle ci a été pour le moment modéré par deux facteurs. D’une part, le gouverneur en Côte d’Ivoire de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, désormais débarqué, était un pro Gbagbo qui n’a pas appliqué les instructions. D’autre part on est en fin de récolte du cacao. Le gros de la récolte avait déjà été exporté.
Le test n’en reste pas moins intéressant car c’est un des cas où
les sanctions économiques - souvent décriées - devraient avoir une efficacité à la longue… sauf si l’intervention militaire met fin prématurément à l’expérience.
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