Chine

Patience et longueur de temps (à la mode chinoise)

La Chine a besoin de temps pour consolider son ascension. Le déclin américain doit se gérer en douceur : il est dangereux de tirer la queue d’un tigre. La plupart des régions de l’Empire du Milieu sont encore sous-développées. Le marché intérieur est loin d’avoir atteint sa dimension optimale. Les exportations jouent encore un rôle majeur. Il faut continuer à accumuler des dollars pour financer la demande. Ces dollars permettent d’acheter des actifs dans le monde entier. En Afrique, la Chine met la main sur des matières premières. En Europe, ses investissements sont de mieux en mieux

Signal faible contre Chine forte

Les étudiants Chinois en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord semblent moins enclins que les années précédentes à rentrer chez eux pour y faire carrière. Malgré la faiblesse de l’Occident, ils sont de plus en plus désireux d’y trouver du travail. Quand on leur demande pourquoi, ils évoquent rarement la possibilité d’une crise majeure dans l’Empire du Milieu. La plupart pensent que le régime saura faire face, au moins provisoirement, aux mécontentements populaires et qu’il saura aussi prendre les mesures adéquates pour crever la bulle immobilière et assainir les bilans des banques

Ne pas mettre tous ses œufs dans le panier chinois

Jusqu’où ira la Chine ? Depuis 30 ans, ses gouvernants ont accompli un quasi sans faute. Le pays, industriellement sous développé, s’est transformé en « atelier du monde » et, depuis quelques années, la montée en gamme est vertigineuse. La moitié des panneaux solaires installés dans le monde sont « made in China ». Les TGV, de fabrication locale, relient les principales villes du pays et sont bien placés pour conquérir le marché américain en commençant par la Californie. Dans tous les secteurs, des brevets sont déposés (67.000 en 2009 pour la seule chimie : record mondial). Non contente de se

Chine : les dangers de l’outrecuidance

Jusqu’aux toutes dernières statistiques, l’Allemagne était le premier exportateur mondial. Maintenant, c’est la Chine . Deux interprétations sont possibles. Selon la première, les 1,3 milliards de Chinois n’ont pas de quoi se vanter : à eux tous, ils font à peine mieux que 82 millions d’Allemands, le miracle chinois est donc surfait. La seconde interprétation est toute différente. Elle ne s’appuie pas sur les chiffres mais sur la tendance. Il y a dix ans, la Chine était N°7. La vitesse de sa progression a été fabuleuse. A ce rythme-là, ils seront bientôt les maîtres du monde.   La mode

OMC : pêché originel

Comme chacun le sait ou peut le comprendre, une monnaie sous évaluée favorise les exportations et pénalise les importations. Le procédé, s’il est volontaire, peut être considéré comme de la triche et devrait être en tête de la liste de ce que les experts appellent « obstacles non tarifaires ». A l’Organisation Mondiale du Commerce, tel n’est pas le cas : l’OMC est habilitée à régler les différends commerciaux mais n’a pas vocation à s’occuper du monétaire. Pêché originel. Délices pour la Chine qui, depuis son adhésion en 2001, mène une politique de conquête de parts de marché.   L’OMC (WTO en

Gouverner la Chine

Gouverner la Chine est, depuis cinq mille ans, une mission impossible. L’histoire du pays est marquée par une succession de guerres civiles et de coups d’Etat renversant la dynastie qui a perdu le «mandat du ciel»,   sur fond de catastrophes naturelles et de famines meurtrières. Le gouvernement central, de tous temps, a rencontré les pires difficultés à faire exécuter ses ordres. «L’Empereur est loin et les montagnes sont hautes» a-t-on coutume de dire dans le sud et l’administration, parfois incompétente, parfois corrompue, n’a pas su constituer le ciment qui aurait pu faire tenir le tout.  

Europe : d’une faiblesse à l’autre

Les chinois des années 2010 font penser aux Américains des années 1950. Ils trouvent dans le regard des autres l’assurance de leur propre puissance. A l’époque du « dollar gap », l’obséquiosité européenne à l’égard des Etats-Unis n’avait pas de bornes. De nombreux politiciens étaient aux ordres et la plupart des hommes d’affaires, béats d’admiration, auraient fait les pieds au mur pour s’introduire dans cet eldorado.    Aujourd’hui, le marché chinois fait saliver et aucun responsable européen ne veut causer la moindre peine à ceux qu’ils considèrent déjà comme les futurs « maîtres du monde »

Google vs China : une partie de poker menteur

Récemment, des attaques informatiques massives, venant de Chine, ont pris pour cible de nombreuses sociétés américaines dont Google. Les investigations menées par ce dernier ont mis au jour le piratage de certains des comptes de messagerie Gmail, en particulier ceux de défenseurs des droits de l’homme en Chine Rappelons que quatre ans auparavant, pour s’installer dans ce pays, Google s’est plié aux desiderata du gouvernement chinois et accepté de filtrer les résultats pour toutes les recherches liées aux droits de l’homme, la lutte pour la démocratie, les événements de Tian’Anmen…   Aujourd

La Chine à Copenhague

L’attitude de la Chine lors du sommet de Copenhague a été très révélatrice de sa conception du système mondial et de la place qu’elle entend y occuper. Plusieurs leçons, parmi d’autres, peuvent en être retenues. Ce sommet a été le point d’orgue d’une année 2009 marquée par une montée en puissance de la Chine sur le plan stratégique (G20 de Londres, mise en cause du dollar comme devise internationale, représentation au FMI, etc.) et non plus seulement sur le plan économique. En conséquence l’aval de la Chine devient incontournable pour le règlement des grands dossiers internationaux. Cela ne

Vers une Chine plus verte

Vue de Pékin, la conférence de Copenhague avait un double objectif : faire reconnaître,  dans le réchauffement climatique, la responsabilité des pays développés qui émettent beaucoup de CO2 depuis cinquante ans. C’est la question de l’héritage. Et obtenir des contreparties pour les pays émergents, donc pour la Chine, pour une action que le gouvernement chinois juge de toute façon indispensable.                                                                                                            A la différence de la civilisation occidentale, la civilisation chinoise ne met pas l’homme au